La République des Veilleurs

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Beaucoup se demandent en ce moment (juin 2013) ce que va devenir le mouvement social né en France depuis quelques mois. Mon opinion est qu’il va durer, s’amplifier et qu’il a des chances sérieuse de triompher, c’est-à-dire d’aboutir à un renouvellement profond de la vie culturelle, économique et politique en France. Peut-être au-delà même des frontières de la France. J’en donne les raisons dans un bref essai, que voici. Celui-ci est un peu plus long que les articles que je publie d’ordinaire, mais il ne m’a pas semblé opportun de le couper en plusieurs livraisons. Il a pour titre La République des Veilleurs. L’avenir de la liberté en France. Il compte trois parties :

1. La dictature du nihilisme transgressif et le nouveau départ de la dialectique historique

2. Une nouvelle république en formation

3. L’intuition d’une future civilisation humaniste

 

 

 

1ère Partie

La dictature du nihilisme transgressif et le nouveau départ de la dialectique historique

 

La compréhension des événements de France relève à mon avis de la philosophie de l’Histoire. Nous sommes en face de ce que Hegel formule dans son langage comme « la Raison dans l’Histoire ». La situation peut en effet être résumée ainsi : la dialectique de l’Histoire occidentale s’est remise en marche en France.

 

Nous constatons d’abord l’épuisement progressif d’un potentiel mobilisateur et dynamisant qui faisait l’Histoire – celui de la Gauche. Nous observons même un renversement de la direction de cette force historique. Le principe de liberté se retourne peu à peu en principe de dictature. Mais surtout, nous discernons la présence, toute nouvelle, dans la conscience commune, d’une intuition créatrice nouvelle, d’une émotion créatrice nouvelle. La raison a fait un pas de plus. Et son expression politique, c’est ce que nous pouvons appeler la « République des Veilleurs ».

 

Un germe d’esprit qui s’épanouit en civilisation, à travers une restructuration d’ensemble, et ouvrant la perspective d’une nouvelle époque, c’est bien une révolution. Et cela n’enveloppe pas nécessairement la violence – cela dépend de l’esprit nouveau et de la réaction de l’ancien monde. L’origine d’un esprit nouveau est toujours invisible et remonte haut, mais son émergence se produit visiblement. Nous avons sous les yeux quelque chose de tel.

 

La Gauche, c’est-à-dire les Lumières dans l’Histoire, à la pointe de l’Histoire et la faisant, n’existe plus. Un autre principe dynamique, un autre germe spirituel est apparu. C’est ça, la Révolution.

 

La Gauche avait représenté, pendant plus de deux siècles, le grand principe dynamique de l’histoire occidentale. La poésie épique de Hugo, la musique de Verdi, ou la philosophie de Fichte, donnent une idée de sa grandeur, qui était d’abord morale : la liberté par le devoir, la liberté comme autodétermination rationnelle au moyen du respect de la loi morale, identique à la Raison.

 

L’Histoire se fait ainsi aujourd’hui contre ce qui, par inertie, porte encore le nom de « Gauche », et qui agonise en faisant exactement le contraire de tout ce qu’elle avait vocation à faire, ou même en défaisant tout ce qu’avait réussi à faire, du temps où elle était vivante. Regardez, par exemple, le « politiquement correct » : « Il est interdit de penser », tel pourrait être son leitmotiv. On ne saurait trahir plus complètement la grande philosophie des Lumières.

 

Réciproquement, la Droite n’est plus la Droite, d’abord parce que la Gauche n’existe plus, à laquelle s’opposait la Droite, qui se définissait par cette opposition. Ensuite parce que la Gauche avait tellement triomphé, que la Droite ne subsistait que comme une Gauche tiède. Elle avait renoncé à défendre ce au nom de quoi elle avait longtemps résisté à la Gauche. Et l’opposition effective à la Gauche, pour autant qu’elle subsistait, se sentait elle-même comme vidée de Raison, rejetée hors de l’Histoire et condamnée à n’exister qu’en désespoir ou sur le mode de l’extrême.

 

Mais voilà que, par un renversement dialectique complet, la Gauche, ayant tué son opposition, a été privée de tout dynamisme, s’est mise à tourner en rond et, pour essayer de trouver un sens, a cédé à l’instinct de mort – se livrant au nihilisme transgressif (pour une explication détaillée de cette expression, voir plus bas). 

 

Et nous en étions là quand le nouvel esprit, dont nous allons parler, a surgi. Et depuis, toutes les catégories politiques usuelles sautent, tout paraît usé, creux et nul. Quelque chose de neuf émerge et aspire à se matérialiser. Mais quoi donc ? Le peuple le vit et le sent, mais il manque de mots pour dire ce qu’il vit, ce qu’il attend, ce qu’il espère. Et c’est le rôle de la philosophie que de le penser. Mais il y faudra bien du temps et tout ne sera clair que quand tout aura été accompli. En tout cas, un immense mouvement anime le peuple, doté d’une universalité supérieure, rendant un avenir à l’humanisme, traversant tous les partis. Et le pouvoir n’y voit rien, n’y comprend rien. C’est pourquoi il est condamné. Il rentre à reculons dans le néant.

 

C’est par rapport à ce mouvement que tous seront forcés de prendre position, et de se redéfinir. C’est pour cela que n’ont plus de sens des questions comme celles de savoir : « Comment le mouvement social doit-il se situer par rapport à tel ou tel parti de la Droite ? » ou : « Comment doit-il se rapporter à la fraction de la Gauche qui se rapproche de lui ? » Car dès lors qu’existe un vrai dynamisme historique, doté d’un vrai principe spirituel, enraciné dans la Raison, la seule question est de savoir si on est dedans, ou dehors. Ainsi donc, à terme, le PS éclatera en deux. L’UMP éclatera en deux. Le FN éclatera en deux. Etc. Et l’Histoire ira de l’avant.

 

En outre, il ne faut pas oublier que le mouvement pour le mariage et la famille ne représente qu’un des trois pôles de ce mouvement social nouveau où un nouvel esprit est en train de se faire jour (voir plus bas).  

 

Le parti socialiste français, dont nous parlerons sans aucun esprit partisan, tout comme de la Gauche dans son ensemble, se trouve au pouvoir en 2013, et il y offre un exemple accompli de ce qu’est une structure morte et mortifère, dont l’esprit et la vie se sont retirés. Leurs dirigeants ne sont objectivement qu’une des factions d’une bourgeoisie libertaire et antisociale, qui alterne avec une autre, grâce au détournement des mécanismes de la représentation, permettant de faire valider indéfiniment par un peuple découragé la politique de l’oligarchie libertaire au moyen de procédures formellement démocratiques. On ne saurait mieux dire que la démocratie est à recréer, parce que la ruse a remplacé la vérité, et que tous les êtres vivants et de bonne foi ont leur place et leur vie dans le mouvement qui nous conduit vers la nouvelle République.

 

Une République nouvelle en France ne se définit pas d’abord par un numéro 6, ou 7, ou par une réanimation d’idéologies tombées dans le coma. La République nouvelle est celle qui prend de nouveau au sérieux l’idée de la liberté absolue, sans aller la chercher dans la rapacité infinie, la transgression et la mort. La République nouvelle est une nouvelle veille des esprits dans la cité. Elle est la République des Veilleurs. 

 

Ces dirigeants du PS ne sont pas socialistes, mais individualistes. Non pas ouvriers mais bourgeois. Faisant une politique ultra-libérale au niveau global, et pratiquant en même temps un socialisme régional ou municipal difficile à différencier d’un simple clientélisme. Non pas libérateurs mais dogmatiquement libertaires et très intolérants. Non plus moraux mais sans éthique, et plus moralisateurs que jamais. Non pas rationalistes, mais ayant renoncé à toute philosophie sérieuse au profit du nihilisme transgressif (où se cristallise en concepts le simple arbitraire individualiste). Là est le point important, celui auquel va s’appliquer le travail de remise en cause, celui dont la négation fait surgir la nouveauté imprévue.

 

Le nihilisme transgressif est devenu la doctrine officielle de ce Gouvernement, et d’une grande partie de la classe politique. Il est le contraire même de toute pensée éclairée de la liberté. Il est contraire à toute conviction républicaine substantielle.

 

Or, non seulement le Gouvernement de la France, aujourd’hui, a adopté cette philosophie nihiliste et transgressive, mais il a entrepris de l’imposer de force à toute la jeunesse de la nation.

 

Pour bien comprendre à quel point la Gauche, ardente ou tiède, s'est muée en son contraire, il convient de vérifier avec soin s'il est vrai, ou pas, que le nihilisme transgressif peut exister sous deux versions : la première serait celle du "Surhomme", la seconde celle du "Dernier Homme".

 

Le nihilisme transgressif du Surhomme est celui du national-socialisme. Le nihilisme transgressif du "Dernier Homme" est celui de l'idéologie libéral-libertaire. L'un préfère la violence, l'autre la ruse. Mais, c'est la même philosophie, et c'est toujours le même homme, qui veut détruire l'Homme, et montre la même fureur de mise au pas et d'uniformisation (Gleichschaltung) de la société libre.

 

La différence, c'est que le premier nihilisme appartient, selon l'expression de Nietzsche, à une "superbe bête blonde", en pleine santé, qui adhère à son destin de mort, pourvu qu'elle soit héroïque et grandiose ; le "Dernier Homme" est plutôt comme un vieillard égoïste qui, selon l'expression de La Bruyère, "achèterait un instant de survie au prix de l'extinction du genre humain". L'un comme l'autre ne veulent pas que rien puisse leur survivre. Celui qui se croit Surhomme est un guerrier criminel, qui rêve de belle mort. Le Dernier Homme est un administrateur suicidaire et gris, qui rêve d'euthanasie, de décroissance et parfois même d'extinction du genre humain.

 

 

La Gauche en France s’était identifiée à la liberté pratique – à la politique de Rousseau, et à la morale de Kant, qui en était l’intériorisation[1]. La liberté « pathologique », ayant rejeté la Raison transcendantale et la morale de l’obligation des grandes Lumières, mais restant travaillée par le besoin humain d’inconditionné et d’absolu, ne trouve d’horizon que dans la transgression et dans le toujours plus de transgression, à la limite, un jour, dans la violence et la cruauté.

 

Or la Gauche du nihilisme transgressif, tout en gardant parfois une phraséologie kantienne, renonce totalement à la rigueur morale effective et à l’exigence civique. Elle s’identifie à une liberté que Kant aurait appelée pathologique et donc au droit du plus fort. 

 

La Gauche nihiliste et transgressive n’a pourtant pas oublié les lois de la politique pure. Elle sait que la conservation de l’initiative est la condition de la conservation du pouvoir. Ayant perdu tout critère et tout dynamisme ascensionnel, renonçant à toute sublimation culturelle, elle se livre à la fois à l’instinct de plaisir et à l’instinct de mort, et choisit d’appeler « nouvelle civilisation » la descente en vrille dans cette barbarie. Elle fuit en avant pour tenter de garder le pouvoir dans un monde qui lui échappe. Elle choisit une voie de démesure, mêlant prosélytisme et dictature. Mais, cette fuite en avant est ce qui à la fois la condamne à n'être plus que du passé, et ce qui fait surgir sa négation sublime.

 

Comme il reste toujours quelque part dans l’esprit humain un bout d’idée d’Absolu, cette liberté de transgression, rejetant la Nature, Dieu et la Raison, ne peut se fonder que sur l’absolu du Néant. Morale d’immoralisme transgressif libertaire et métaphysique nihiliste : telle est bien désormais la doctrine officielle. Ce nihilisme transgressif devient le noyau d’une culture officielle qui prétend installer une République nihiliste et une République de la transgression, et uniformiser le pays entier sous son contrôle, avec une agressivité et une intolérance qu’on n’avait plus connue à ce degré depuis bien longtemps. Par ce regain d’autoritarisme, le nihilisme du Dernier homme risque de fusionner un jour avec celui du Surhomme, dans un goût transgressif et non moins libertaire de la volonté de puissance.

 

Par habitude, la Gauche morte entretient une fausse conscience et un discours creux, comme si on était encore aux temps héroïques du jacobinisme, ou aux temps généreux du Front populaire. Mais sa rhétorique, vidée de tout son sens moral et traditionnel, couvre désormais exactement le contraire de ce qu’elle exaltait autrefois – tout comme les discours d’Hitler reprenant la philosophie de la SDN et invoquant le droit des nations à disposer d’elles-mêmes couvraient en réalité son contraire, un impérialisme bestial. Ainsi la honte fait rougir tous ceux qui aimaient sincèrement la Gauche et l’inquiétude grandit chez tous les Français. C’est dans ce contexte qu’on se met à parler de Résistance en France, avec un grand « R ». L’acception héroïque et historique de ce vocable est en train de revenir en usage. 

 

Le nihilisme transgressif haut de gamme, c’est la philosophie de Nietzsche. Certains lobbys aux Etats-Unis ont popularisé un « leftist nietzscheism », récupérant la philosophie de Nietzsche. En mal de reconnaissance et d’autojustification, ils ont estimé[2] qu’un certain mode de vie ne pouvait être justifié et légitimé que sur la base d’une métaphysique nihiliste récusant à la fois Dieu, la Nature et la Raison comme possibles instances normatives. Bien plus, la moralité devait s’identifier au rejet transgressif de ces mêmes instances. A cause de ce besoin d’autojustification, la philosophie qui fut celle de l’ultra-extrême-Droite politique européenne est devenue la philosophie de référence de l’ultragauche sociétale américaine, puis mondiale. Cette ultragauche sociétale étant par ailleurs, dans le même temps, devenue bourgeoise, oligarchique et impériale – et cet amalgame étant arbitrairement qualifié de Démocratie avec un grand « D ».

 

2ème Partie

Une nouvelle république en formation

 

La situation politique en France comporte ainsi quelque chose de radicalement nouveau, incompréhensible à la seule science politique et dont la compréhension requiert l’adoption d’un point de vue philosophique. La seule révolte contre la dictature nihiliste ne suffirait pas à produire un mouvement de la nature de celui que nous observons. Un principe spirituel nouveau est à l’œuvre ici. C’est en cela qu’il y a réellement révolution.  

 

C’est une mutation soudaine qui s’est produite, et ce qu’on en voit n’est qu’un début. Nous ne sommes plus en présence d’un affrontement droite/gauche traditionnel en France, avec d’un côté les « conservateurs », ou la « réaction », et de l’autre un « front progressiste ». Nous sommes au contraire en face d’un retournement dialectique d’ampleur historique, conduisant au renouvellement complet des règles du jeu et, en particulier, à une renaissance très originale de l’idée républicaine.

 

Cette légitimité qui s’oppose aujourd’hui à cette légalité (ou apparence de légalité) qui n’a jamais fait défaut aux pires tyrannies, c’est encore et toujours, en France, la légitimité républicaine et c’est celle de l’Histoire. Mais qu'est-ce que la République ? Nous allons essayer de le dire.

 

La plupart des Français, chacun à leur manière, sont des républicains et des démocrates. Ils n’en ont pas tous conscience, parce que l’idée de la liberté et celle de la République ont souvent fait l’objet d’interprétations idéologiques, d’accaparements sectaires ou partisans. Cependant, tous inscrivent leur vie dans l’Histoire de la France, de son Etat, de sa République et de sa démocratie.

 

Si une crise politique majeure est en train de s’ouvrir dans le pays, c’est que l’opposition à une loi barbare exprime aujourd’hui, avec les mots particuliers propres à certains, non pas un conservatisme d’inertie, ou une réaction sans imagination, mais la pure essence de la doctrine républicaine française, profondément transformée par un effort infini et victorieux pour s’extirper de cette barbarie. Ce profond renouveau républicain, face au despotisme oligarchique et nihiliste, inspire la formation d’un projet d’avenir crédible et motivant, auquel l’oligarchie libertaire n’a rien à opposer.

 

L’idée française de la République avait reçu de Jean-Jacques Rousseau une première formulation assez précise. Prise à son plus haut niveau d’universalité, la République est tout simplement l’idée d’une société qui cherche à satisfaire, autant que cela est possible, la soif de liberté absolue conforme à la vraie nature de l’Homme. Et le pacte social d’une République a pour objet de constituer une société unie sur un semblable idéal de vie en société libre, à laquelle on convient de donner le nom de république – en ce sens spécial et précis. Cet idéal, pris à ce niveau le plus élevé d’universalité, n’a rien qui ne soit juste et raisonnable, d’autant que nul ne peut se dissimuler raisonnablement la différence qui subsistera toujours entre l’idéal et le réel.

 

Rousseau a donné de ce concept universel une interprétation très individualiste et dans cette mesure défectueuse, d’où se laisse malheureusement déduire le jacobinisme, matrice de toutes les idéologies (cf. Préparer l’Avenir, chapitre 14, pages 117-126, surtout 124-126).

 

Mais, si l’on considère l’Homme dans sa vérité, membre d’un « corps fait de membres pensants », comme le dit Pascal, et structuré par une loi morale naturelle qui est la loi de sa nature sociale, de sa nature rationnelle et de sa nature vivante, alors l’idée de la république reçoit sa forme authentique. Et elle devient légitimement un concept régulateur pour l’établissement des législations, autant que la prudence le permet. Et le pays qui s’unit et se constitue sur un tel idéal en reçoit un dynamisme extraordinaire. Nous assistons sûrement en France au début d’un tel phénomène. Le devenir d’un tel mouvement dépasse infiniment les avatars de tel ou tel morceau de législation, puisque le pays en faisant sa mue, se débarrassera un jour en bloc d’une entière carcasse de législation nihiliste.

 

En un mot, une idée rénovée de la République est en train d’émerger en France. Elle est susceptible d’unir à terme toutes ses traditions (politiques, philosophiques, mystiques) et de la refonder, à la fois structurée, noble, libre, démocratique, conforme à son caractère historique et génialement accueillante aux flux de la nouveauté historique.

 

Le combat pour le mariage, l’emploi et l’entreprise dans les territoires, la lutte contre une idéologie tyrannique  (d’égoïsme radical libertaire et amoral[3]), tels sont les trois piliers de ce mouvement qui lutte aussi pour les droits humains fondamentaux. L’idée de la liberté absolue, une fois détachée de prémisses individualistes et rattachée au sens de la famille, de la vie et de l’action dans le monde, comporte clairement l’ouverture d’une dimension mystique, le respect de cette dimension, de la personne qui est en le siège, et une tension continuelle vers une justice à la fois utopique et patiemment raisonnable. Tel est l’esprit qui surgit, celui de la nouvelle République française.

 

L’opposition définitive du peuple des familles à une loi barbare tient d’abord à ceci, qu’installant l’arbitraire dans la cellule élémentaire de la société, c’est à dire le couple et sa descendance, elle justifie pour demain la soumission de tous à l’arbitraire indéfini des idéologues et de leurs fantasmes. Comme ces derniers sont des intolérants qui excluent tous leurs contradicteurs du cercle qui a droit de déterminer le consensus démocratique sans reconnaître en cela aucune règle objective, il est évident que ce qu’on appelle, presque par dérision, la démocratie, consiste pour le peuple à obéir sans discuter aux volontés arbitraires des idéologues et des oligarques.

 

Mais, l’opposition du peuple tient ensuite et surtout au fait que cette législation ferme radicalement l’horizon de la liberté absolue et abolit ainsi la République. La liberté se trouvant réduite à une interprétation matérialiste, individualiste, excluant Dieu, la Nature et même la Raison transcendantale, fait forcément corps avec le principe de toute idéologie, formulé dans Les Démons par Dostoïevski : « Je commence par la liberté absolue et je termine par la dictature totale. »

 

La prise de conscience des familles n’est que le début d’une prise de conscience nationale demain unanime. Celle-ci va se produire lorsque conflueront l’indignation des couches populaires économiquement opprimées par l’ordre libertaire, et la ferme détermination des familles culturellement opprimées, par ce même ordre libertaire. Se rajouteront en outre à ces deux forces la résistance des patrons et des entrepreneurs écrasés par l’ordre fiscal et administratif, qui constitue un véritable système de privilèges au bénéfice de l’oligarchie libertaire.    

 

Quand les trois grands fleuves sociaux auront mêlé leurs eaux, quand l’ennemi commun aura été identifié, l’oligarchie ne pourra plus régner en divisant et il se produira un renouvellement profond à la fois de la démocratie et de la doctrine républicaine aujourd’hui corrompue. La France refera son unité, elle retrouvera un dynamisme et son Histoire, dans une nouvelle résistance mettant à bas un despotisme.   

 

3ème Partie

L’intuition d’une future civilisation humaniste

 

Au naufrage de la Gauche comme principe spirituel, ne succède pas le néant qu’on pouvait craindre, mais une espérance de liberté substantielle et de renaissance, dont les Veilleurs sont le symbole.

 

L’histoire occidentale se laisse interpréter classiquement comme une dialectique de libération. On excusera la rapidité du survol qui suit, et qui fournit un recul indispensable, bien que sommaire. La raison hellénique, le droit romain, la foi et la religion chrétiennes ont successivement assumé la charge de cette libération. A partir de la fin du Moyen-Âge, le christianisme, qui avait été jusque-là reçu en libérateur a commencé à être rejeté comme un facteur d’oppression. La civilisation européenne s’est même organisée de plus en plus nettement autour de tel ou tel humanisme athée. Les chrétiens pouvaient sans doute démontrer qu’un humanisme sans Dieu devenait un humanisme contre l’Homme. Toutefois, cet argumentaire n’a pas réussi à persuader. Au contraire, même le libéralisme est devenu idéologique et de plus en plus libertaire. Il s'est mis à s’imposer de manière totalitaire. Il pouvait sembler viable, parce qu’il parasitait, pour ainsi dire, à la fois la culture et la civilisation chrétiennes, la culture et les institutions des grandes Lumières (kantiennes).

 

Mais le temps est venu, et nous y sommes, où le parasite lui-même ne peut plus vivre, tant il a affaibli l’organisme parasité. Les idéologies ne sont pas des cultures authentiques, suffisantes et capables de produire de l’éthique et de l’espérance. Elles sont  des parasites de cultures substantielles qu’elles travaillent à détruire et sans lesquelles elles ne pourraient prétendre exister.

 

Cependant, à la différence de ce qui se produit en général dans la nature, l’atteinte de ce point d’épuisement correspond dans l’esprit, à un prodigieux retournement dialectique.

 

Dialectiquement, la liberté se redéfinit désormais dans la conscience commune comme la négation de cette liberté nihiliste qui s’est réduite à l’arbitraire et à la volonté de puissance. Confrontée à l’évidence de la transgressivité cynique et ténébreuse, la nouvelle liberté sait qu’il n’y a pas de convergence naturelle des égoïsmes et que la concurrence bien réglée de ces égoïsmes ne saurait assurer ni la paix perpétuelle, ni la prospérité, ni la liberté maximale, en somme le plus grand bonheur du plus grand nombre et la Démocratie.

 

L’esprit revient ainsi au point de bifurcation, où la liberté a cru bon de se séparer du christianisme, et réciproquement. Il fait un discernement, il tourne en lui-même à la fois les immenses idées de Dieu et de l’Homme, de l’Homme-Dieu et de la liberté, il médite sur l’avenir de l’humanisme, il retrouve la figure non athée de l’Homme-Dieu, il devine qu’on ne peut faire vivre une société libre sans une perspective d’Homme-Dieu. Mais laquelle ? Car l’Homme contre Dieu ne peut pas être un Homme-Dieu.

 

Mais il comprend à nouveau aussi que la foi en l’Homme-Dieu ne peut vivre, inversement, sans une montée humaine en commun, y compris politique, vers la liberté infinie, à la fois utopique et non utopique. Mais qu’est-ce que cela signifie ?

 

Je voudrais en donner ici une faible idée. Sans doute le rejet de « la morale » est-il au cœur du nihilisme transgressif. Aujourd’hui, face à la dictature du nihilisme, l’esprit comprend que la transgression de la loi morale par l’Homme n’est pas totalement négative, en ce seul sens précis que la simple installation de l’Homme dans un ordre légal moral et religieux ne suffit ni à l’Homme, ni sans doute à Dieu. C’est pour cela que les Veilleurs manifestent la forme de verticalité mystérieusement nécessaire à une société libre.

 

                                     

 

La transgression vile par laquelle on viole la loi qui prescrit le bien ne peut être surmontée que par une transgression noble et infinie. L’acte de vertu est une transgression de la transgression. C’est sans doute une union à une transgression infinie et sainte, opérée par Dieu, et le nom de cette transgression est « Incarnation ». C’est pour cela que le respect pour la figure et la personne de Jésus ont toute leur place au sein d’une société libre, et surtout au sein d’une République postnihiliste. Autrement, l’opposition n’est qu’un moralisme sans vigueur.  

 

L’Homme-Dieu, comme simple concept, n’est qu’une figure du meilleur espoir humain, noble mais sans effectivité ; ou alors c’est le slogan de la transgression tout court. L’Homme-Dieu, comme fait réel, c’est l’objet de la foi. La société libre de l’avenir prépare ainsi consciemment sa reconstruction par une veillée en commun autour de la question de la foi et de la liberté infinie. Car elle ne veut pas de foi dans la contrainte.  Elle sait qu’elle aura commencé par des veillées dans la nuit, entre des gens qui l’oppriment.

 

En un mot, la France future se prépare dans la nuit. Elle s’appuie sur le rejet méthodique de la liberté nihiliste. Elle fait un retour méditatif sur le point de bifurcation qui a rendu possible une évolution au terme catastrophique, mais elle ne condamne pas cette évolution. Elle vise plutôt ce qu’elle cherchait. Elle vise ce qu’il aurait fallu inventer jadis pour que ce chemin fût pris autrement. Elle sent que les torts historiques furent partagés et elle n’a pas, face à son passé, d’esprit exclusif, pas même envers les postmodernes, qui ont sans doute leurs propres excuses. Elle vise à trouver enfin ce chemin social qui monte vers l’absolu de la liberté, sans tomber dans l’idéologie ou dans l’utopie. Ainsi, la civilisation de l’avenir aimera-t-elle passionnément la liberté, la personne et même l’individu, mais aussi la vie et le corps social, la raison et la loi morale, l’amitié et la nature, l’Homme et Dieu et elle visera à l’Homme-Dieu[4].

 



[1] Ou, inversement, à la morale de Kant et à la politique de Rousseau, qui en était l’extériorisation.

[2] Ce qui est très subjectif. Platon spécule sur le sujet, dans le Banquet, sans avoir recours au nihilisme.

[3] Ou plutôt dont l’immoralité militante est devenue une morale paradoxale.

[4] Nous parlerons une fois prochaine de la position de l’islam en France, qui à la fois complexifie et enrichit la structure de la dialectique rationnelle et spirituelle que nous avons essayé de mettre en évidence.

Commentaires 

 
+1 # Olivier 2013-06-10 14:45 Merci pour votre belle analyse, tres stimulante pour la réflexion.
A propos des veilleurs, je souscris à l'interprétation de la "verticalité mystérieuse" qui désarme la logique trop terrestre du "rapport de forces".
Mais comment faut-il comprendre que cette verticalité se nourrisse de lectures et de textes d'auteurs, qui ont été les parangons de l'horizontalité et ont donné un témoignage de vie où la transgression a été reine ?
Personne ne semble réagir à cette fascination pour la lecture "culturelle", d'où quelle vienne, et quoi qu'elle ait pu npromouvoir chez ses auteurs…
merci pour votre réponse
Olivier Minvielle
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0 # Henri-Paul Hude 2013-06-11 09:09 Cher ami, je ne pourrai pas répondre à votre commentaire, non plus qu\'à ceux qui suivent le vôtre, avant d\'avoir terminé la correction des copies d\'examen et d\'être revenu d\'un voyage professionnel. Mais je vous remercie de ces questions et je les porte dans le fond de ma réflexion. Donc, à dans une dizaine de jours. Amicalement. Henri H. Répondre | Répondre en citant | Citer
 
 
0 # fernandes 2013-06-10 15:24 Merci pour vos éclaircissement ; J ' attendais depuis quelques semaines votre billet.
Nous sommes d' après votre thèse dans la phase de radicalisation du pouvoir et de sa ruse ;Mais que faire des médias et des salles de rédaction ou presque toutes sont contre cette révolution des veilleurs.
En outre ,vous pensez que le renversement peut prendre encore plusieurs années !!!
Pour vous donner un exemple vécu de nombreuses fois :il n' est pas possible d 'etre contre l 'avortement sans attiré la foudre de mes interlocuteurs et d ' etre traité de rétrograde voir plus .
Or a travers les médias et l' education national ,nos concitoyens ont perdu la raison critique .
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0 # Henri Peter 2013-06-10 15:31 Analyse intéressante et réconfortante, ,optimiste , prévoyant une convergence entre les familles, les acteurs des PME et les laissés pour compte du socialisme raillé et du libertaire capitaliste. .Analyse pointue citant fort à propos Dostoïevski i
Mais ce concept de République reste un peu vague , où s'enracine-t- il en France, ? Chez Saint Thomas ? , sans déraper historiquement immédiatement Que faites vous de la chaines des médiations,; détruites et balayés par eux qui vivent au dépens de ce qui leur a été donné ? La bourgeoisie régnante détruit les « couches protectrices de la société »,- comme vous le faites remarquer c’est dans Schumpeter, c’est repris par Jean-Claude Michéa
La République vu par « Michel Chrétien « , le méos le plus sympathique de Balzac est un b el idéal, mais c'est comme homme de cœur qu'il a sauvé celle qu'il aimait , et aujourd’hui n’est pas un union des personnes de cœur pour résister au nihilisme ambiant, c’et à dire de de ceux qui veulent t sauver notre pays du Titanic, qu’ils soient de cœur républicains ou fidèles à une autre tradition plus ancienne , s’occupant de renouer avec la légitimité de la « Res publica « ?
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+3 # Saint-Plaix 2013-06-10 15:36 Très beau texte fort bien argumenté…
Mais cela ne suffira pas!
La très grande leçon que l'on doit retenir de la loi Taubira et du formidable mouvement populaire d'opposition qu'elle a engendré ce sont deux choses:
- l'inquiétude, voire l'angoisse, de la classe politique - tout parti confondu - qui sent l'emprise qu'elle a sur le peuple lui échapper à l'occasion de ce mouvement totalement spontané (enfin ce qui les intéresse, c'est l'électeur- par qu'en dehors du bulletin de vote, le "pays légal" ignore totalement le "pays réel")…
La question, pour TOUS les politiques, est aujourd'hui de tenir le temps du pourrissement de la situation et de l'apparition la lassitude…pour reprendre leurs "ouailles" en main…
- la capacité de la mouvance judéo-maçonnique à pouvoir maintenant envers et contre tous imposer ses diktats idéologiques…
Lors de la fameuse affaire, au temps de Mitterrand, sur l'Ecole Libre, le pouvoir était beaucoup moins impopulaire, et pourtant il a reculé!
Là, face à une mobilisation nettement supérieure dans l'espace et dans le temps, le pouvoir ne bougera pas et méprisera le sentiment populaire.
Parce qu'il sait en avoir les moyens!
Il sait que l'idéologie qui le domine - ce qui n'était pas le cas il y a trente ans - est en fait partagée aujourd'hui par TOUTE la classe politique!
Personne ne reviendra sur la loi Taubira! (sauf Marine Lepen qui n'aurait jamais une majorité absolue à la Chambre pour le faire!)
Les ténors de la fausse droite (pour ceux qui n'ont pas carrément voté "pour" la loi) se sont abstenus…
Leurs dernières déclarations sont sans équivoque:
- le faux patron de l'UMP Copé a bien souligné qu'il allait défiler (pour récupérer des votes UMP)"pour protester contre la politique de la famille de Hollande et non pas contre le mariage homo" (sic!)
- le faux leader Fillon a bien souligné qu'il ne "reviendrait pas " sur la loi Taubira.
- Boorlo ou Koscuisko-Morizet se sont carrément déclarés "pour"…
etc…
La leçon de cette affaire c'est celle de la mise en évidence du dévoiement de la démocratie, maintenant utilisée comme arme de destruction de la société, malgré des dispositions clairement minoritaires dans l'opinion.
Les idéologues propagandistes sont aujourd'hui assez forts pour cela!
Ils ont gagné à ce jour!
(Ou bien ils agissent comme si ils avaient définitivement gagné)
Ils ont définitivement noyauté ou submergé l'ensemble de la classe politico-médiatique!
C'est cela l'élément nouveau depuis trente ans!
Et si demain Manuel Vals - digne descendant de Jules Moch à plus d'un titre - fait tirer sur la foule pour calmer le jeu, personne ne protestera…
On évoquera des "provocations"…
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0 # Marie Chabot 2013-06-10 17:18 Monsieur Hude,
Cela faisait des mois que j'attendais une analyse philosophico-politique, je la trouve enfin. Merci.
Ceci-dit, n'oubliez pas De Gaulle, le plus grand homme politique que la France ait connu depuis 2 siècles.
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-1 # Panouf 2013-06-10 18:36 Votre analyse reccouppe la mienne, que j'avais écrite ici: http://panouf0304.wordpress.com/2013/05/07/mariage-homosexuel-pourquoi-est-ce-que-rien-nest-fini/

Je n'ai pas le temps de lire tout votre article, mais je le commenterais avec plaisir plus tard!!
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+1 # Hémon 2013-06-10 21:29 Oui, Henri, même si les siècles ont brouillé nos souvenirs, nous le savons intuitivement, la France est une personne. Une figure vêtue de blanc venant du fond de notre mémoire et dont l’allégorie apparaît dès le XVe siècle sur les enluminures de nos livres d’heures. Nous la savions malade au point d’en être défigurée. Il aura donc fallu un choc, une commotion inouïe pour que la France renoue avec elle-même. La France espiègle, malicieuse aux traits d’esprit piquants s’est éveillée. Quelle berceuse pourrait à nouveau la plonger dans le sommeil de la mort ? Puis la France créatrice, imaginative aux idées les plus folles, aux inventions les plus inexplicables et dont l’expression la plus aboutie est celle de la poésie pure. Qui fera taire son chant ? Enfin, la France spirituelle, qui rêve, bâtit, puis meurt pour donner la vie. Le mont, devant lequel toute tempête se brise. Or, nous le savons, dès qu’une étincelle de courage donne libre cours à ces forces, elles se conjuguent, entrent en résonance pour former une torrent incontrôlable. Vouloir lutter tout à la fois contre l’humour, la poésie et l’espérance, c’est s’en prendre à l’esprit d’enfance. La mort, elle-même ne ferait pas un pari aussi insensé. Aussi plaignons amèrement ceux qui se sont égarés dans une voie aussi désespérée. Répondre | Répondre en citant | Citer
 
 
0 # Amaryllis 2013-06-10 23:55 Vous développez l'idée qui me trotte dans la tête depuis que je me suis assise pour la première fois au milieu des Veilleurs : après la réaction bruyante, c'est bien la refondation d'une civilisation qui se joue là, peu à peu, dans ce refus qui est en fait un engagement.

Certains se demandent pourquoi lire Hugo, Aragon, et d'autres, qui sont revendiqués par ceux qui ont erré… Sachez que nous ne prenons pas tous les textes lus comme parole d'Evangile… Ils sont là pour nous amener à réfléchir, éventuellement pour nous amener à contempler. Quels qu'ils soient, les écouter est pour nous une manière d'affirmer que l'homme ne se limite pas à son corps, qu'il est aussi esprit.

Merci donc à l'auteur de cette réflexion, de voir dans ce mouvement la si grande espérance qui nous anime : celle de voir enfin naître une société où l'individu et le groupe ne soient pas des concepts irréconciliable s, et où l'homme trouve sa place, à la fois terrestre et céleste, à la fois animal et divin, à la fois limité et assoiffé d'infini…
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0 # xavier 2013-06-11 07:55 Pourquoi vous accrochez-vous à la République? La République des lobbies qui est justement la cause de tous nos malheurs, qui divise les Français par le système des partis.
C'est ce système qui doit justement disparaître, enfin libéré des sociétés secrètes. Il existe une autre forme de gouvernance, un principe unificateur SUR LEQUEL SOUFFLE L'ESPRIT DE DIEU : LA MONARCHIE.
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0 # Sebastien 2013-06-11 07:56 Attention, attention: ne risquons pas de faire de la "Raison" une idole, une "Déesse" des Lumières conduisant à une nouvelle dictature! N'oublions pas les racines chrétiennes du mouvement actuel de renaissance de la Vérité, qualité divine! Répondre | Répondre en citant | Citer
 
 
0 # Frag 2013-06-11 22:18 Bravo.
Votre analyse a le même souffle que son sujet.
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+1 # Martine Gueguen 2013-06-11 23:12 Cher Monsieur,
Ce que vous écrivez me touche. Je me sens plutôt poète et je suis heureuse qu'un philosophe (que je suppose distingué au vu de votre biographie) sorte enfin du cabotinat général pour mettre des mots sur ce qui est en train de se passer et me rendre ainsi plus forte. La seule chose qui me gêne dans votre article, c'est le fait que vous ne parliez que de Jésus. Il est possible que vous voulez parler de Lui en tant qu'homme mais n'étant pas assez, et même quasiment pas férue dans votre domaine, je ne suis peut-être pas assez subtile et je me demandais naivement et un peu espièglement s'il est pour vous le seul "Dieu". J'ai quant à moi un panthéon personnel et chaque Dieu intervient selon le moment. Oui, je sais, c'est très opportuniste mais c'est cela être un homme(ou une femme)-Dieu, c'est savoir commander à ses troupes. J'attendais depuis quelques temps que les Dieux Celtes se réveillent (ne riez pas), car comme d'habitude, ils interviennent toujours au dernier moment. Je crois que le réveil a sonné. Allah m'a beaucoup appris et m'a révélé ma nature profonde mais il croit toujours être le Seul et il commence à devenir lourd comme l'on dit maintenant. Seuls les Dieux Celtes peuvent le faire taire une fois qu'il est lancé. Je veux juste que vous sachiez que la Fureur Celte est absolument incontrolable et toute puissante. Elle dure peu mais ses effets à long terme sont infinis. Jésus est toujours là. La Raison est toujours là également, cachée. Pour finir avec ce bla-bla, moi qui ai appris à subir les premières pages des écrits de philosophie en attendant qu'une idée germe dans mon esprit (en général conceptuelle, merci les Mathématiques) à partir du 2° chapitre (du coup, je n'ai pas besoin de finir la lecture car "j'ai tout compris"), j'ai retenu une phrase d'Heidegger (peut-être que vous ne l'aimez pas celui-là et j'en suis désolée) : "Toute pensée essentielle traverse intacte la foule de ses partisans et de ses adversaires". Désolée si vous avez l'impression que je vous ai fait perdre votre temps, il m'a fallu du courage pour écrire cela, c'était ma manière à moi d'être une veilleuse.
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0 # Adrien 2013-06-20 08:57 Cher Monsieur,
Je découvre votre blog et vos écrits et trouve extrêmement intéressantes et pertinentes vos analyses et vos intuitions, en particulier celles que vous développez sur le phénomène de la LMPT et sa portée.
Je suis en revanche mal à l'aise par votre emploi régulier du terme "libéraux- libertaires" et votre approche du "libéralisme" qui me rappelle ce qui m'était enseigné en terminal sur le sujet et dont le socialisme ou social clientélisme s'est efforcé avec succès de lui coller une image libertarienne et de capitaliste effrêné sans foi ni loi au détriment des plus faibles. A mon sens, les libéraux les vrais ont perdu la bataille des mots car ils n'ont pas su éviter cette étiquette qui n'est pas la leur. Alors voici une définition sommaire : "je suis libéral comme partisan de la liberté individuelle comme valeur fondamentale. *Je ne crois pas que libéralisme soit une théorie économique mais plutôt une théorie de comment appliquer le Droit au capitalisme pour que ce dernier fonctionne à la satisfaction générale. *Le libéralisme est une théorie philosophique appliquée au Droit, et pas à l'économie qui vient très loin derrière dans les préoccupations de Constant, Tocqueville , Bastiat, Raymond Aron, Jean-François Revel et bien d'autres; Le but suprême pour les libéraux étant que le Droit empêche les gros de faire du mal aux petits, les petits d'embêter les gros mais surtout l'Etat d'enquiquiner tout le monde". Avec bien sur la loi naturelle comme étant supérieure au droit. En lisant vos lignes, comme libéral, je suis gêné.
Aussi, si vous souhaitez faire converger les 3 mouvements (LMPT, entrepreneurs, et travailleurs), vu de la fenêtre des PME-libéraux-entrepreneurs, il faut veiller à employer les bons termes, et ne pas associer leur courant de pensée à une idéologie nocive.
A ce titre, je vous recommande la lecture d'un libéral nommé Jésus de Charles Gave.

Bien à vous
Et merci de ce que vous faites
Adrien
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