13 janvier 2013 : les premiers signes d'un renouveau politique

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Cette analyse de la manifestation du 13 janvier 2013 a été réalisée puis écrite en dialogue et coopération entre Thomas Hude et moi-même. Deux générations, ensemble, font mieux qu'une seule.

 

La manifestation du 13 janvier constitue un phénomène politique d’une importance considérable : la première étape vers la naissance d’une force conservatrice populaire en France.


 

Un phénomène de quantité 

 

Quel est l’ordre de grandeur du phénomène ? Combien de manifestants ? Le gouvernement dit moins de 400.000 et les organisateurs 800.000. Mais, curieusement, des officiers de gendarmerie affirment que la Gendarmerie nationale aurait fourni de son côté au gouvernement le chiffre de 1,3 million.

Connaissant un peu les organisateurs, je ne serais pas étonné que, sur le point du dénombrement, ils se soient montrés prudents, voire scrupuleux. J’ai vu de mes yeux toute la journée, et observé avec attention, une foule, presque partout compacte, qui s’étalait sur quinze kilomètres de boulevards périphériques intérieurs, ou de très larges avenues. Cette foule, en même temps, remplissait plusieurs grandes places de Paris. Le calcul approché mène autour du million. Tel est le premier fait.

 

Un phénomène de qualité

 

Les manifestants doivent être pesés autant que comptés. Ce n’était pas ce qu’on appelle une manifestation populaire. Il y avait là, plutôt, un million de cadres de la nation. Des familles solides, beaucoup de jeunesse, des gens à convictions, des patrimoines, des professionnels, des positions sociales. Cela aussi est un fait. C’est une force et c’est aussi une faiblesse. Mais c’est plutôt une force.

Il existe donc dans ce pays un million de personnes de ce niveau et capables de se mobiliser ; sans doute y en a-t-il davantage de mobilisables.

 

Une intensité nouvelle

 

Ce million s’est compté lui-même. Il n’a plus peur. Il sait qu’il est un million, donc il sait qu’il est des millions. Le Président aurait beaucoup gagné à pouvoir observer les visages graves et sérieux de ces hommes et de ces femmes, quand ils lui criaient : « François, François, ta loi on n’en veut pas ! » Ce n’était pas du déchaînement passionnel, mais plutôt une nouvelle force de résolution réfléchie, raisonnable, volontaire et décidée – et pacifique.


 

Une énergie qui se cherche

 

Et pourtant, il n’y avait pas encore là une force guidée par une stratégie politique. La simple opposition est importante mais ne constitue pas un programme. Il n’y avait pas non plus de grand leader politique.

 

Mais quel leader politique existant aurait pu se mettre à la tête d’un tel rassemblement ? Cela montre bien qu’il y a en France des masses entières qui ne sont pas représentées.


 

Les conservateurs ne sont pas représentés en politique   

 

Car, malgré l’astucieux habillage médiatique de la manifestation, malgré la coalition habilement formée, le noyau dur de ce rassemblement était majoritairement catholique et conservateur, et, par habitude, plutôt à droite.

 

Mais justement, posons aujourd’hui cette question : quand on est conservateur, est-on encore à droite ?


 

Et les classes populaires dans tout cela ?  

 

Nous aimerions prendre un peu de recul en posant une autre question qui, en apparence, n’a rien à voir, mais qui est pourtant connexe : « Et quand on appartient aux classes populaires, est-on encore de gauche ? »

 

En effet, le parti socialiste, en lançant la grande libéralisation économique du pays à partir des années 80, en union sacrée sur ce point avec la droite néolibérale, a détruit le capitalisme industriel et local pour favoriser le capitalisme financier et mondialisé. Il a fait passer le pays d’un modèle économique où l’objectif était le développement et le progrès social, à un modèle où la seule règle est l’optimisation du retour sur capital, sur une base mondiale. Un jeu économique dans lequel un système de solidarité, même bien géré, est un luxe qu’on ne peut pas se payer. Est-ce là une politique servant les intérêts populaires ?

Ainsi, les couches populaires ne sont pas représentées non plus par la classe politique.   

 

La grande duperie du clivage droite/gauche

 

Ainsi, face à une classe politique où domine l’idéologie libérale et libertaire, un peu plus libérale à droite, un peu plus libertaire à gauche, les conservateurs, comme les classes populaires, sont sans représentation. Le parti socialiste n’a presque plus rien d’un parti populaire. Et que reste-t-il de conservateur à droite ?  

 

En schématisant un peu grossièrement, la droite est une machine à duper les conservateurs, et la gauche une machine à duper les classes populaires, au profit d’une même politique libérale et libertaire. Et le clivage droite/gauche aurait pour principale fonction d’empêcher l’unité entre les classes populaires et les couches conservatrices.

 

La stratégie pour les conservateurs…

 

Cette manifestation changera-t-elle quelque chose à court terme ? Nous souhaitons qu’elle influence le débat sur le mariage. Mais si tel ne devait pas être le cas, quelque chose d’essentiel aurait néanmoins été accompli. 

 

La prise de conscience par les conservateurs qu’ils sont nombreux et qu’ils représentent une force politique de premier plan, si un jour ils savent se donner une stratégie de gouvernement.

 

Gouverner dans quel sens ? C’est le même individualisme dérégulé qui abîme la famille et qui ruine notre tissu économique et industriel. C'est lui qui prive les classes populaires de tout avenir économique et de toute solidarité en matière d’investissement.


 

Le deal conservateur/populaire

 

1° Les conservateurs doivent prendre conscience que, « parmi les droits et devoirs sociaux aujourd’hui les plus menacés, il y a le droit au travail. (…) La dignité de l’homme, ainsi que la logique économique, sociale et politique, exigent que l’on continue à se donner comme objectif prioritaire l’accès au travail, ou son maintien, pour tous. » (Benoit XVI, 1er janvier 2013)

 

2° Les populaires authentiques doivent prendre conscience que, parmi les conditions les plus fondamentales de la solidarité, il y a la famille et l’éducation substantielles, et non pas prise au sens idéologique.

 


L’unité avec les partis populaires

 

Sur une telle base, les conservateurs et les partis (authentiquement) populaires sont donc des alliés naturels. Leur alliance est la force politique qui a les ressources, en quantité et en qualité, pour renouveler la classe dirigeante, où domine l’idéologie libérale et libertaire.

Leurs deux objectifs communs sont donc :

1° réinstaller en France et en Europe un capitalisme industriel et entrepreneurial orienté vers le développement local, le travail pour tous et le progrès social.

2° Valoriser la famille et réformer l’éducation.

 


Être au service

 

C’est bien une élite qui a défilé dimanche. Une élite conservatrice. Mais une élite n’a pas beaucoup de légitimité quand elle défend ses propres convictions, aussi excellentes soient-elles. En revanche, une élite bénéficie d’une énorme légitimité quand elle s’engage à fond au service du peuple.

Commentaires 

 
+1 # mine 2013-01-15 14:09 Non au mariage gay et à la reconnaissance juridique de l' homoparentalité .

I. Le langage
La normalophobie.

L'habitude a été prise, depuis une douzaine d’années, d’utiliser systématiquemen t les termes d’homosexualité ou d’hétérosexuali té, au point que personne ne parle plus d'orientation sexuelle normale ou d'orientation sexuelle déviante. Certains sympathisants de la cause homosexuelle refusent même l’emploi du terme « normal » quand il s’applique à la sexualité. Ils ne tolèrent pas que l’on puisse ainsi porter un jugement sur les orientations sexuelles ni, par conséquent, réfléchir sur le mariage gay et l’homoparentali .

Des mots précis.

L'emploi d'un même terme pour désigner deux réalités différentes conduit à des confusions.
On ne peut donner un même nom, en l'occurrence "couple" à l'union homosexuelle et à l'union hétérosexuelle. En effet l'union d'un homme et d'une femme est différente de l'union entre deux hommes ou entre deux femmes, à moins de considérer que l'homme est identique à la femme.
L'homosexualité est une forme d' intolérance à l'altérité sexuelle alors que l'hétérosexualité fait vivre la complémentarité sexuelle.
L'utilisation d'un même terme, "couple" pour désigner deux réalités différentes, et même antagonistes, est anormale.
A deux types d'unions différentes il faut donner des noms différents : "couple", comme on l'utilise depuis toujours pour les unions hétérosexuelles et, pour les unions homosexuelles, on peut préconiser le terme "paire" car cette union concerne deux personnes de sexe identique.
Si le couple est composé de deux personnes c'est qu'il y a deux sexes différents. Le chiffre "2", en tant que tel, n'ouvre aucun droit. S' agissant d’homosexuels, le sexe étant le même pour les deux personnes, cette reconnaissance juridique de la vie à deux n’offre pas plus de pertinence qu’une reconnaissance juridique de la vie à trois, quatre ou cinq.

Toute confusion dans les termes entraîne une confusion dans la perception de ces deux réalités. Cette confusion peut amener à souhaiter un même régime juridique , en l'occurrence le mariage, pour des unions qui sont différentes.
II. La loi et le mariage

Avec le mariage la société reconnaît juridiquement l'importance de l'altérité sexuelle et lui rend hommage, en mariant par exemple des couples qui ne peuvent pas, ou plus, enfanter. La société sait que seule l' union d’un homme et d’une femme permet potentiellement d' assurer son avenir. Les hétérosexuels n'ont jamais eu besoin de réclamer un droit au mariage , car une telle possibilité est évidente depuis la nuit des temps.

Le mariage n’a pas été créé pour permettre au législateur de remettre en cause la liberté individuelle en se préoccupant de sexualité récréative, homo ou hétéro, ni pour s’occuper d’amour. Le maire n’a d’ailleurs pas à demander aux futurs époux s’ils s’aiment ou non. Il ne leur demande pas non plus leur orientation sexuelle, cette dernière, quelle qu'elle soit, ne confère aucun droit. Le mariage est ouvert à tous. Il ne crée ni une injustice ni une discrimination envers les personnes qui sont incapables d’établir une relation complète avec le sexe opposé. Leur déviance de l'orientation sexuelle est la seule cause de leur incapacité à se marier.
Si chaque individu peut librement se marier, est l' égal des autres devant le mariage, l'union homosexuelle, elle, n'est pas égale à l'union hétérosexuelle. Seules des choses identiques peuvent être traitées d'une façon égale.

Malgré le chantage à l'homophobie le législateur n’a pas à étendre le mariage à une union différente de celle pour lequel il est prévu, cela d’autant plus qu’ avec le mariage, le plus souvent, un tiers est concerné : l’enfant . Le législateur, par le mariage, propose un cadre au couple afin de l’aider à se stabiliser et protéger ainsi l’enfant né ou à naître.
S’il est exact que des homosexuels peuvent avoir la charge d’enfants, la demande de reconnaissance juridique de l’homoparentali té comme une forme de paternité est inutile, l'enfant ayant un état civil et donc un régime juridique clair.
III. L’enfant
Une fraction du lobby homosexuel souhaiterait assimiler le couple avec enfant et une paire d ' homosexuels élevant un enfant. En effet l’apparence de ces derniers se rapproche de celle du couple normal. Les demandes d’accès au mariage et à l’adoption peuvent de ce fait apparaître parfois comme destinées à faire oublier le caractère spécifique de l’homosexualité . L’enfant deviendrait alors un moyen mis au service d’une cause qui n’est pas la sienne.
Les maltraitances d' enfants, quant à elles, doivent être sanctionnées si des parents sont indignes. Les enfants placés dans une famille d’adoption doivent y retrouver le père et la mère qui leur manquent. On ne doit pas utiliser le malheur de ces enfants afin de démontrer qu’ils seraient mieux dans une famille de deux hommes ou deux femmes que dans leur famille d’origine et les transformer ainsi en propagandiste obligés de l’homoparentali . Quant à l’adoption par un célibataire elle devrait prioritairement permettre que des enfants puissent être adoptés par leur oncle, leur tante, ou un autre membre célibataire de sa propre famille.

La loi n’a pas à entériner toutes les situations de fait découlant du comportement de tel ou tel individu sauf à créer une règle par individu et par situation ce qui entraînerait la disparition de la notion même de droit. L’homosexualité a toujours existé, elle est admise par notre société. Ce comportement n’a cependant pas vocation à être à l’origine d’une modification de la législation sur le mariage.
IV Non au mariage pour les gays
L'union hétérosexuelle peut donner la vie, pas l'union homosexuelle. La première respecte l'altérité sexuelle, la seconde l'ignore. Les principes d'égalité, de non-discrimination, ne s'opposent pas à ce que le législateur règle de façon différentes des situations différentes.

Le mariage pour les gays est un non-sens.
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0 # Henri-Paul Hude 2013-01-18 19:32 Merci pour ce commentaire étendu et réfléchi. Il nous ramène au motif direct de la manifestation du 13 janvier 2013. L'homosexualité, comme tout ce qui touche au sexe, est un thème anthropologique très complexe et profond. Il mériterait des études très sérieuses menées dans un climat serein fait de liberté raisonnable et morale. Malheureusement , comme vous savez, c'est un domaine dans lequel la liberté d'expression n'existe plus dans notre pays. Son étude scientifique, ou rationnelle, dans un cadre méthodique et organisé, est dans les faits impossible. Aussi, ceux qui en traitent mais sans adhérer au dogme social pour quelque raison que ce soit, bonne ou mauvaise, sont forcés de dissimuler le fond de leur pensée, pour éviter de se faire prendre à parti par des fanatiques. Telle est la situation d'un pays qui se veut un phare de la liberté de penser. Si une personne exprimait pleinement sa pensée, aussi objective et rationnelle soit-elle, il y aurait des chances pour que, quoi qu'elle dise, elle ne soit pas comprise par quelque ayatollah libertaire. Les chercheurs dans le domaine sont donc réduits à étudier le sujet chacun pour son compte et à en débattre en conversations privées. On ne doit pas le leur reprocher, s'ils estiment avoir des raisons supérieures qui leur commandent de garder un temps le silence, pour préserver leur possibilité de travailler dans la tranquillité à leurs recherches principales. Peut-être un jour diront-ils publiquement quelque chose sur ces sujets, que certaines lois scélérates aient été abolies ou non. Mais cela n'empêche les savants ni de penser, ni de protester publiquement, à l'occasion, contre une situation où le savoir doit subir la dictature d'une opinion. En ce qui me concerne, j'ai pensé être utile au bien commun et au savoir en prenant du recul et en traitant, d'une manière que je crois convaincante, rationnelle et relativement neuve, la question de la loi naturelle. Je l'ai fait dans mon livre Préparer l'avenir. Nouvelle philosophie du décideur, chapitres 11-13, Economica, 2012. Je me permets d'y renvoyer et je serais vraiment ravi d'en reparler avec vous. Votre sincèrement, HH Répondre | Répondre en citant | Citer
 
 
0 # Le Bourdonnec 2013-01-15 16:42 D'accord avec vous sur tout sauf sur un point : le peuple était là aussi, très heureux de voir défiler avec lui de gens mieux nantis et plus outillés pour faire ce qu'il va falloir faire. Un peuple de gens simples et surtout pas marxistes. C'était vrai en tout cas pour les cars venus de l'Ouest du pays.
Et ce peuple pour sa part est prèt à servir dans la mesure de ses moyens et tant qu'il aura des semelles à ses souliers !
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0 # Henri-Paul Hude 2013-01-21 14:42 Votre remarque est juste et le fait que vous rappelez est très encourageant. Il eût fallu nuancer, mais vous savez que, quand on nuance beaucoup, l'idée principale perd en clarté. Amicalement. HH Répondre | Répondre en citant | Citer
 
 
0 # BERT Rémy & Béatrice 2013-01-15 18:44 Mon cher Henri,
C’est un bon papier.
Vous ne parlez pas des jeunes, hormis la petite phrase « beaucoup de jeunesse ». Or ils étaient très nombreux, et en particulier dans le service d’ordre, souriants, détendus, pleins de gentillesse, beaux. L’avenir est là et beaucoup de personnes en ont été frappées (voir nombreux témoignages sur Radio Notre-Dame).
En revanche, le mot « conservateur » est totalement inadéquat. Le problème est que je ne sais pas par quoi le remplacer…
Cette « nouvelle force de résolution réfléchie, raisonnable, volontaire et décidée –et pacifique- » que vous décrivez si bien n’a rien de conservateur.
Lors de la réunion ICHTUS que nous avons eu la veille de la manif rue des Renaudes, il était particulièremen t intéressant d’entendre les animateurs de province expliquer que pour la première fois, dans la préparation de la manif, on balayait des zones complètement différentes de nos réseaux habituels…
Et que le travail commençait maintenant avec les nombreuses adresses mail récupérées (les gens laissant toujours apparentes les adresses des destinataires de leurs messages) en envoyant des argumentaires, en proposant des formations, en ne laissant pas la ferveur retomber –d’autant plus que le mépris du Gouvernement au niveau des chiffres en aura motivé plus d’un-
Il faut relire ce que dit Jean Ousset sur les manifestations de masse dans l’Action…
Amitiés.
Rémy
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0 # Henri-Paul Hude 2013-01-21 14:45 Cher Rémy, je sais que le nom et l'adjectif "conservateur" sont pris systématiquemen t en un sens péjoratif, en France. Mais ce n'est pas le cas dans beaucoup d'autres pays. Je pense que si des mots sont bien construits et bien appropriés à leur signification, il ne faut pas se les laisser censurer par la police de la pensée politiquement correcte. Mais vous ouvrez de toute façon un champ de réflexion dans lequel je laboure, grâce à vous, depuis quelques jours. Amitié et à bientôt. Henri Répondre | Répondre en citant | Citer
 

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