Un remède à la maladie de la foi (1)

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Voici un nouvel article, à la charnière de la philosophie et de la foi

 

 

Il est à l’usage de ceux dont la foi est malade – je veux dire, angoissée, hésitante, timide – à cause d’un environnement social étouffant. Son titre : ‘Un remède intellectuel à la maladie de la foi.’

 

Je le publie, parce que j’ai décidé de mettre à la disposition du public, en ligne, peu à peu, l’ensemble des articles que j’ai publiés tout au long des vingt dernières années. C’est ainsi que j’ai mis en ligne sur les deux derniers mois

-       un texte de 1997 sur ‘La politique familiale en capital’, paru dans Droit social, et

-       un autre de 2012 sur ‘Métaphysique et phénoménologie. Retrouver le fondement’, paru dans la Revue théologique des Bernardins.

 

Cet article ‘Sur la maladie de la foi’, c'est-à-dire sur la difficulté de croire, a été publié dans la revue catholique Képhas, juillet-septembre 2009, pp.83-99.

 

 

                                                

 

Son sous-titre en est : ‘Du débat confisqué au débat libéré’, parce qu’une des causes de cette maladie de la foi est l’inhibition causée par la censure exercée par le monde et surtout les médias postmodernes. L’objet de cet article est de faire sauter cette inhibition.Il s'occupe précisément de la censure subtile, qui fonctionne dans les domaines de la philosophie, de la foi et de la religion. Mais à cause de ce caractère fondamental, il pourrait aussi servir à éclairer d'autres domaines. C'est ainsi que sa méthode m'a servi pour une analyse scientifique du "politiquement correct", dans le 1er et le 7ème chapitres de Démocratie durable.

 

J’ai écrit ce papier sous le pseudonyme de Joseph Hildebrand, en partie parce que je parlais d’un livre que je venais de publier, Prolégomènes. Les choix humains. C’était une façon d’objectiver mon sujet et de parler de lui comme si je n’y étais pour rien. Il y avait aussi des raisons d'opportunité, dont je parlerai un jour. L’éditeur du livre est : Parole et silence.

 

Voici donc cet article.

 

 

 

 

Les difficultés que rencontre la foi chrétienne pour exister, se vivre et se communiquer

 

 

Ce livre dont nous allons rendre compte nous a intéressé, parce qu’il offre un remède à la maladie de la foi. C’est ce que je voudrais expliquer, car c’est sûrement la meilleure méthode, pour faire comprendre à des chrétiens, mais pas seulement à eux, le sens et les contenus de ce livre au titre un peu énigmatique, Prolégomènes. Les choix humains. A des chrétiens et pas seulement à eux, car tous les hommes et femmes de bonne volonté sont concernés par ce que j'estime être (et je le démontre) un étouffement du loyal débat philosophique dans les sociétés réputées libres et libérales. 

 

Les difficultés que rencontre la foi chrétienne, pour exister, se vivre et se communiquer, au sein de la culture intellectuelle de notre temps, sont principalement au nombre de deux.

1° Une conception de la raison qui exclut la foi.

2° Une pression sociale qui culpabilise l’expression de la foi à travers un verrouillage du débat public.

 

Il y a donc chez beaucoup une sorte de maladie de la foi, une asthénie de la foi, à cause de ces deux facteurs, qui opèrent en synergie. Cette maladie n’est pas entièrement propre à la religion chrétienne. D’autres religions souffrent, en partie, de maux analogues.

 

 

 

Y a-t-il un remède intellectuel approprié à cette maladie ?

 

C’est en quelque sorte l’objet de ce livre. Bien sûr, ce remède ne peut être intellectuellement approprié, que dans la mesure où il est rationnellement accessible et démontrable à tous, quelle que soit leur présente situation relativement à cette foi. Il s’agit donc d’un livre de philosophie.

 

PLAN DE L'ARTICLE.

Je commencerai par un exemple de déverrouillage du débat (I).

Viendront ensuite quelques éléments sur le mysticisme, la foi et la raison, permettant de comprendre l’énoncé du diagnostic (II).

Après cela, une brève exposition du remède (III).

Enfin, un examen de quelques formes intellectuelles dominantes, pour mesurer la justesse du diagnostic et le caractère approprié du remède (IV).

 

 

 

                                               PREMIÈRE PARTIE : Un exemple. Pour déverrouiller le débat

 

 

L’homme cherche l’Absolu. En termes théistes, il cherche l’union à Dieu – de là sa grandeur, ses complications et le caractère démesuré de toutes ses misères. Ceci n’est pas en soi propre au chrétien. C’est un principe absolument fondamental pour toute connaissance de l’homme.

 

Vous me direz que c’est là un principe dont nous pourrions douter et dont doutent les « athées ». Je vous réponds que non, et qu’il est au contraire absolument indubitable. Ma réponse vous étonne.

 

 

 

Le mécanisme paradoxal de la certitude

 

 

Pourtant, il en est bien ainsi, puisqu’il suffit, précisément, d’en douter, pour en devenir certain. En effet, c’est encore une forme très fondamentale de recherche d’un Absolu, que de rejeter l’Absolu. Car pour peu qu’on tienne à préciser cette position de rejet, et qu’on ne se contente pas d’une vague négation émotive et arbitraire, on observe que cela consiste à s’ériger soi-même en Absolu, ou à ériger  en Absolu le Néant[2]. Et c’est encore là de la métaphysique, même si ce n’est pas la même (que celle qu’on rejette). De la sorte, ceux qui disent rejeter le principe l’admettent encore. On ne sort jamais de la métaphysique, mais souvent on en change.

 

 

 

La décadence de l’esprit critique et sa renaissance 

 

 

Dans ce qui précède, vous avez l’exemple typique d’un raisonnement « prolégoménal ».

 

Un tel raisonnement a pour effet de restaurer les droits d’un véritable débat ouvert – c'est-à-dire ouvert aux deux métaphysiques contraires – dans un contexte marqué au contraire par la suppression de fait de tout véritable débat.

 

Pourquoi y a-t-il verrouillage du débat dans nos États ? Pourquoi n’est-il si souvent qu’un échange convenu des mêmes platitudes entre icônes du politiquement correct ? Parce que le fond du débat effectif se trouverait, s’il avait lieu, dans une discussion ouverte et franche entre deux conceptions (au moins) de l’Absolu, de la vérité et du ‘doute’, ou du questionnement. Ces deux conceptions sont sérieuses, possibles, et leur confrontation vaut la peine.

 

Mais on fait semblant de croire qu’il n’en serait pas ainsi, pour la raison qu’on va dire, et le débat se trouve ainsi structuré de telle sorte que seuls les partisans d’une conception sont admis à débattre au titre d’individus rationnels, les partisans de l’autre étant, quelquefois, diabolisés, ou, le plus souvent, marginalisés.

 

Pourquoi et comment cette exclusion, au moment même où, paradoxalement, le consensus entre débatteurs libres et égaux est censé être devenu la norme éthique fondamentale ? Voilà ce dont rend compte et ce qu’explique  Prolégomènes. Les choix humains.

 

 

De l’art de manipuler le débat

 

 

[Il y a donc débat et « débat ».

 

1° Le vrai débat, c’est celui qui devrait donc avoir lieu honnêtement entre deux métaphysiciens en désaccord,

2° Le débat postiche, c’est celui dont on nous dit qu’il a lieu entre «  esprits critiques ouverts ayant dépassé la métaphysique » et des idiots qui seraient restés fixés à la métaphysique et fermés à la critique. Comme si tout le monde n’était pas métaphysicien.

3° Le « débat » sur fond d’exclusion, c’est celui qui se constitue soi-disant entre gens ouverts, tels que précédemment définis (2°), les « esprits fermés » ayant été préalablement exclus.

 

(Explication ajoutée en sept.2012).]

 

POUR LA SUITE DE L'ARTICLE, SUIVRE LE LIEN

 

 

[2] Op.cit, p. 75. Tout ceci est expliqué de façon précise dans l’examen des dix formules pseudosceptiques, tout au long du premier chapitre, surtout p. 25-84.

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