Henri Hude

Vie de famille... Lettre à Nicomaque, 1

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Mise à jour le Dimanche, 16 Novembre 2014 08:53 Écrit par Henri Hude Dimanche, 16 Novembre 2014 08:20

Voici le texte d'une chronique parue il y a quinze jours dans le mensuel La Nef. La famille est un lieu d'éducation irremplaçable et une condition très importante du bonheur. Mais elle ne fonctionne pas en toute hypothèse, quoi que fassent les individus. Ils peuvent la détraquer, se rendre insupportables et rendre les autres malheureux. On fait du tort au principe familial quand on idéalise la famille trop naïvement, sans avoir conscience des vices qui peuvent la gâter, et que chacun doit travailler à réformer dans sa conduite. 

 

 

On a beaucoup parlé ces temps-ci de politique familiale. Je voudrais en dire ici un mot, mais à ma façon. Voyez-vous, quand il manque l’amour, c’est en famille qu’on apprend le mieux la politique et ses misères.

Je crois que la mission de la famille est de faire faire à l’être humain, avant qu’il ne soit jeté dans la société,  l’expérience d’un monde qui ne fonctionne pas comme fonctionne d’ordinaire la politique. Et le véritable idéal politique, c’est, peut-être, d’injecter dans la cité un peu du véritable esprit familial. 

 

 

 

Diviser pour régner. Avoir peur de manquer. Avoir pour avoir. Exercer son petit pouvoir pour ne pas penser à la mort

 

Vous serez sans doute surpris si je vous avoue que c’est en observant les vies de famille, que j’ai compris le mieux certains classiques de la pensée politique. Par exemple, l’extraordinaire étude par Aristote de la tyrannie, de la façon dont elle assoie et maintient son pouvoir, je crois ne jamais l’avoir comprise à fond, avant d’avoir observé de mes yeux les façons d’une mère ou belle-mère qui règne en divisant ses filles, gendres ou belles-filles.

Je crois ne pas avoir été sensible aux injustices dont souffre le peuple pauvre, avant d’avoir observé dans des familles comment certains anciens, par amour du confort et par peur de manquer, n’aident pas leurs enfants, gardant tout pour eux, s’étalant parfois dans des pompeuses solitudes, tandis que leurs descendants s’entassent dans des espaces exigus. D’autres font un peu, et pensent faire beaucoup. D’autres encore ne font qu’en introduisant des différences choquantes entre leurs façons de traiter les uns et les autres. 

J’avais pu lire plusieurs livres d’histoire sur le personnage d’Hitler, en ayant à la fin le sentiment de n’avoir rien pu comprendre à fond. Et ce, jusqu’au jour où, au cours de mes pérégrinations, j’ai rencontré dans une famille un petit Hitler. Oh ! Une personne qui ne tuera jamais personne, et qui ne manquera pas la messe du dimanche, mais qui empêchera tout le monde de vivre autour d’elle aussi longtemps qu’elle vivra – à moins qu’elle ne se convertisse. C’est à cette occasion que j’ai formé le concept d’« acteur hitlérien ». Et ce concept a illuminé ensuite ma lecture de l’histoire et de la pensée politique. 

Peut-être cette expression est-elle exagérée ? C’est possible, mais l’hyperbole fait comprendre.

 

 

 

Qu'est-ce qu'un "acteur hitlérien" ?

 

Si je vous explique ce qu’est un personnage hitlérien, vous allez pousser des hauts cris. Vous direz que je ne suis pas charitable, et que l’hyperbole est passablement scandaleuse. Vous ajouterez que Dieu nous demande de patienter avec les autres comme il patiente avec nous ; de leur pardonner comme il nous pardonne ; et de savoir reconnaître aussi nos fautes. Mais, il ne nous a jamais interdit d’ouvrir les yeux et de comprendre à qui nous avons affaire. Un homme qui ne « juge pas » n’est pas un homme sans jugement. 

Ce que je présente ici, c’est un concept pur, un type idéal, un caractère essentiel, pas une description réelle. Mais les concepts purs bien formés sont très précieux pour comprendre les situations réelles.

Un « acteur hitlérien » est un être malheureux. La vie est pour lui une guerre. Les autres sont ses ennemis. Il faut les dominer, ou ils vous domineront. Il ne peut vivre que dans le conflit et la domination. Sa relation à autrui commence par un dressage, il faut prendre l’ascendant, le garder, et l’accentuer, jusqu’à installer l’habitude de soumission à son despotisme. Il ne sait pas donner. La morale est au service de son confort. Si on la viole, il s’indigne. Ce qui le dérange n’est « pas raisonnable », et il vous le refuse. Mais son caprice est toujours raisonnable et vous êtes coupable si vous le lui refusez. Il vous aime, si vous êtes utile et agréable, et surtout docile, mais il ne fera jamais rien pour vous, sauf si cela lui profite d’abord, à lui. Il ne sait pas s’engager, sauf avec des gens qu’il maîtrise. S’il ne maîtrise pas absolument, il a peur. Car c’est la peur qui le domine. Toute contradiction est un péché mortel, et si on a fauté contre son égoïsme sacré, il n’y a ni pardon, ni retour. Vous êtes blacklisté à vie, et vous serez puni jusqu’à votre mort, si vous lui avez résisté une seule fois. Voulant garder à tout prix sa liberté d’action, il ne dit rien sur ses intentions, garde le plus longtemps possible les autres en suspens, impose ses projets, sans jamais se plier à ceux des autres. Sa règle est : tout pour lui, rien pour les autres. En face de la bonté, il croit voir de la faiblesse, et il écrase. Qui voudrait l’aimer et être aimé de lui, il essaye de le manipuler par cet amour et de le placer en sa dépendance.

Bien sûr, ce n’est là qu’un concept pur. Mais parfois, nous n’en sommes pas si loin dans la réalité. Un acteur hitlérien suffit à mettre en l’air toute une famille. On le croirait créé et mis au monde pour empoisonner trois, voire quatre générations.

Il est installé dans une famille comme une araignée vorace au milieu de sa toile. Ce peut être une femme aussi bien qu’un homme. Il fait prendre en horreur à ses enfants d’abord, et à tout le monde ensuite, la famille, la morale et la religion. Ses enfants et petits-enfants explosent. S’ils n’explosent pas, ils sont trop soumis, et il leur faut du temps pour se redéployer. Longtemps, ils n’osent pas « juger » la personne qu’ils veulent aimer et respecter, bien qu’elle ne sache faire ni l’un, ni l’autre. Et quant à l’agressivité que leur inspire inconsciemment l’acteur hitlérien, ils la transfèrent sur d’autres, qui leur servent de tête de Turc, et qui souvent sont des êtres bons.  

 

 

 

Ne jamais perdre l'espérance

 

La gravité de ces problèmes ne doit être ni sous-estimée, ni surestimée, en famille. Les individus sont aux prises avec les complications presque inextricables de leurs peurs et de leurs orgueils, dans un contexte culturel qui obscurcit tout. Mais l'amour peut défaire bien des nœuds. Plus fait ici douceur que violence. 

 

Où va le monde ? Et nous, Français, que choisir ?

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Mise à jour le Mardi, 04 Octobre 2016 13:38 Écrit par Henri Hude Mardi, 04 Octobre 2016 13:15

 

Besoin de synthèse. Garder ou non l’Empire ? C’est la question en Amérique.

 

Dans cet article, je voudrais proposer une brève synthèse. Sans synthèse, impossible de faire des choix rationnels[1].

Plaçons-nous d’abord en esprit à Washington, là où se trouve encore le principal centre de pouvoir dans le monde. C’est essentiel, si nous voulons pouvoir décider bien pour la France.

Nul ne peut prévoir le résultat du processus électoral actuellement en cours aux États-Unis, aussi imprévisible que l’était celui du Brexit au Royaume Uni. Ce qui est certain, c’est qu’un vrai choix semble sinon proposé aux électeurs américains, du moins indirectement impliqué par tout le débat en cours. Voici la question qui leur est posée : faut-il garder ou non l’empire américain ? Concrètement : faut-il, avant qu’il ne soit peut-être trop tard, redevenir une nation normale, la plus puissante mais non la seule hyper-puissante ? Ou faut-il jouer le tout pour le tout et employer au besoin la manière forte pour rétablir un leadership global en fort recul, et qu’on aurait décidé de ne pas lâcher ? Obama a choisi de ne pas choisir. Donald Trump représente la première option et Hillary Clinton la seconde. Ce qui est en jeu, ce ne sont donc rien moins que la paix et la guerre.

  

 

 

Démocratie en Amérique ?

 

La question, c’est donc aussi la démocratie en Amérique. Un grand Empire ne peut guère être gouverné démocratiquement. Nul ne sait si un président Trump aurait les moyens politiques d'imposer son point de vue, mais celui de la présidente Clinton, candidate des néo-conservateurs, serait impérial et tout sauf démocratique.

Les USA vivent une très grave crise de la représentation. Les appareils des grands partis semblaient oligarchiquement contrôlés, et la démocratie n’être plus qu’un nom. Le peuple chercha donc un véritable représentant et forcément le chercha sous la seule forme aisément disponible en de telles circonstances, celle du pouvoir personnel d’un chef répondant à ses attentes. A cause d’une démesure oligarchique qui a déséquilibré leur régime mixte, les US vivent donc dans un temps où la réaffirmation de la démocratie passe paradoxalement par l’affirmation d’un fort principe « monarchique », ou plutôt monocratique, face à des oligarchies de plus en plus réduites et comprimant les droits économiques et politiques des classes moyennes. Le choix est même entre une oligarchie de plus en plus dure manipulant la démocratie, et une sorte de pouvoir personnel peu soucieux de droit, hostile aux élites et aux institutions – ce que les classiques Grecs appelaient une tyrannie et que nos spécialistes aiment appeler une semi-dictature populiste. Le coût pour les USA en termes d’image et de rayonnement serait évidemment considérable.


 

Larguer l’Empire ? Et changer les règles du jeu économique ?

 

Le renoncement à l’empire permettrait de colossales réductions des budgets militaires, dont l’impact sur la sécurité globale serait imprévisible. Ces économies pourraient permettre une redistribution des parts du gâteau, aujourd’hui accaparé par le trop fameux « 1% », et un réinvestissement massif dans la reconstruction des infrastructures, de l’industrie, de la formation et des classes moyennes. On peut aussi penser qu’en donnant une crédibilité à la réduction de l’hyper-endettement des US, et en leur redonnant une base industrielle massive, ces économies et ces investissements permettraient d’éviter l’effondrement à terme du dollar. Ils mettraient fin aussi à une fuite impérialiste en avant, dont la continuation va finir par comporter un risque de guerre mondiale. 

La politique de repli, et de reconstruction intérieure, implique aussi pour les USA, donc pour le monde, un changement des règles néo-libérales que Washington a de plus en plus imposées au monde depuis  des décennies. Une réduction logique de la liberté des échanges, y compris des échanges de main d’œuvre (c’est-à-dire concrètement de l’émigration/immigration), ne peut manquer de déconcerter ceux qui ont obéi à Washington en libéralisant et qui devront savoir comment s’adapter. Elle comporte elle aussi un coût important en termes d’image, comme si les USA devaient passer par une période où ils cumuleraient l’impopularité inévitable de la puissance longtemps impériale, et l’impopularité du Nord refoulant le Sud. Cette politique peut se justifier par des arguments d’ordre rationnel, mais elle ne peut guère se réaliser sans exploiter des passions : le ressentiment des WASPs[2]. La politique d’immigration massive ouverte au Sud, simple corrélat de la politique néolibérale, et aussi leur propre malthusianisme démographique, les ont dilués (depuis les deux tiers de la masse jusqu’à un peu moins de la moitié) et sont en train de modifier l’identité collective des États-Unis. Une politique néo-nationale devrait passer par une période où l’open society se renfermerait derrière un grand mur. Cette politique ne saurait manquer d’avoir un retentissement énorme sur la perception de l’Amérique dans le monde, faisant d’elle non seulement une sorte de semi-tyrannie personnelle, mais aussi une société fermée sur elle-même, composée d’anciens riches déclassés et de vieux devenus xénophobes.   

 

 

 

La très encombrante alliance islamiste.

 

Donald Trump a déclaré que le président Obama avait créé l’État islamique. C’est un raccourci trop bref, et de toute façon, le mal ne daterait pas d’Obama. La politique impériale est forcément pour Washington une politique pro-islamiste, tout simplement parce que l’islamisme est la seule alliance de revers[3] possible et nécessaire pour tout projet américain de domination globale – projet que beaucoup, aux USA ou en Europe, jugeraient bénéfique et ne qualifieraient pas de domination. Mais la guerre contre cet islamisme, qu'il faut bien brider quand il est moins utile qu'inutile, justifie de serrer les rangs et de serrer la vis aux libertés publiques à l’intérieur du pays, tout en détournant l’attention populaire de la crise de la représentation et de la crise de la classe moyenne, donc de la démocratie.

L’efficacité de l’intervention russe en Syrie a mis en échec cette stratégie. Elle a démontré que Washington et Ankara avaient joué double jeu avec l’EI. Ne commentons pas les développements récents de la situation en Turquie. La donnée essentielle et durable, c’est que si Washington voulait avoir les mains libres pour lutter vraiment contre un islamisme à l’émergence duquel il a tant contribué[4], Washington devrait accepter une politique de repli, mais négociée et concertée avec les autres partenaires, afin d’éviter dans tous les domaines des ruptures catastrophiques d’équilibre.

Pour être précis et complet quant à l’essentiel sur ce sujet, il faut rappeler deux ensembles de faits :

1° une contradiction structure malgré tout la relation US au monde musulman : globalement, l’islam est pour Washington une alliance de revers ; toutefois, face au rival chinois, l’alliance ou la neutralité de l’Inde sont indispensables, et donc le Pakistan islamiste et ennemi irréconciliables de l’Inde, est un embarras. Le contrôle de l’Afghanistan est le meilleur moyen de tenir le Pakistan, pour des raisons de rivalités ethniques internes au Pakistan. Il faut donc aussi empêcher toute collusion entre Riyad et Islamabad.

2° Des factions du gouvernement américain voudraient « larguer » l’alliance islamiste. Le rapprochement relatif avec l’Iran, la décision d’exploiter le gaz de schiste pour ne plus dépendre énergétiquement du Moyen-Orient,  la guerre des prix des hydrocarbures entre la maison de Saoud et les US, l’autorisation accordée aux victimes du 11 Septembre 2001 de poursuivre Ryad en justice, la tardive décision de porter des coups militaires importants au « califat » – tout cela montre que les US hésitent et cherchent en partie une autre solution.

Celle-ci va devenir inévitable, si l’affaiblissement du contrôle de l'opinion occidentale par les médias ne permet plus de masquer le double jeu face à l’islamisme. Mais quelle situation géopolitique nouvelle peut émerger, si l’alliance vient à être effectivement rompue ? Cette situation serait-elle gérable et par quels moyens ? Les réponses vont varier, selon que Washington accepterait un repli franc, ou un demi-repli ayant pour fonction de laisser au chaos futur le soin de faire regretter son pouvoir passé.

Où iraient le monde musulman et le mouvement islamiste en cas de rupture de l’alliance entre les US et l’islamisme ? Et comment, sans risquer de désorganiser les approvisionnements pétroliers dans le monde, laisser tomber une monarchie politiquement archaïque, et qui ne peut survivre qu’en faisant à coup de milliards la promotion du fanatisme ? Comment éviter que le wahhabisme affolé, livré à lui-même et devenant objet de réprobation universelle, y compris dans les pays musulmans, ne fasse des folies ? La réponse à ces questions reste largement imprévisible, surtout en Europe, plus proche des terres historiquement de tradition musulmane. En tout cas, on ne voit pas comment les US pourraient renoncer à l’empire sans cesser de jouer avec le feu islamiste, et pourraient réduire le terrorisme islamiste sans cesser d’en avoir secrètement besoin.

A dire vrai, Washington a placé le peuple des USA dans une situation où il semble avoir le choix entre deux options perdantes. Cette situation cause les pires ennuis à leurs alliés européens. Il faudra du génie politique aux futurs dirigeants américains, quels qu’ils soient, pour mettre fin à l’impérialisme en douceur sans provoquer des ruptures catastrophiques dans le monde et d’abord chez eux.

 

 

 

Une règle pour déterminer la politique française

 

J’estime que la meilleure façon de savoir quoi faire en France et plus largement en Europe, est de méditer sur ces problèmes des États-Unis, d’en faire la transposition ou application chez nous, et d’en tirer les conséquences que la raison recommande.

La conquête islamiste devenant clairement une chimère et une impasse, quel avenir spirituel pour un islam en partie libéré de la politique grâce à cet échec ? Quelles réactions suicidaires dans un parti djihadiste désormais désespéré ? Comment empêcher certains en Europe de vouloir gagner les élections et tenter de cimenter une cohésion nouvelle en excitant les passions antimusulmanes libérées et utilisées par la politique de repli, après qu’elles aient été créées par la politique d’empire et la soi-disant guerre contre le terrorisme ? 

La France et les autre pays européens devront savoir apporter leur concours à une politique de repli impérial sans débandade, ni rupture chaotique des équilibres. Ils devront aussi savoir refuser leur concours à une politique de réaffirmation "napoléonienne" de l'empire[5].  

Dans un cadre en partie contraint par une politique US de repli, qui semble à moyen terme un scénario plus probable qu’une guerre impérialiste montant aux extrêmes, l’enjeu va être pour la France de rester un pays humaniste, au meilleur sens de ce mot, qui enveloppe tout le meilleur de sa civilisation classique, chrétienne et philosophique. Ce que cela signifie, c’est ne pas glisser dans la plupart des directions qui semblent aller avec le repli, mais savoir tracer au contraire une route originale, fidèle à ces traditions : ne pas perdre le sens de la culture d’universalité, et, tout en retrouvant la valeur de la nation et le sens profond de l’autorité, ne pas tomber dans un nationalisme étroit, ni dans les facilités de l’autoritarisme. Garder ou retrouver une vision mondiale au service de la paix et d’une saine liberté, tout en promouvant avec audace un nouveau modèle économique et politique plus juste pour des nations libres et civilisées. Et, pour stabiliser tout cela, nouer de justes alliances.

 



[1] L’action adaptée demande une connaissance adéquate. Une connaissance pratique adéquate enveloppe et suppose d’abord une vue d’ensemble, synthétique et structurée, mais ni simpliste, ni partisane. Une telle synthèse permet seule une juste interprétation des situations d’échelle plus réduite.

[2] Blancs Anglo-Saxons protestants.

[3] De même, les Turcs ou les émirats musulmans d’Asie centrale ont été pour la monarchie française, jusque sous Louis XVI, des moyens de gêner le rival, l’empire d’Autriche, et la Russie, le plus souvent son allié.

[4] Philippe Sidos, La guerre soviétique en Afghanistan, Economica, 2016.

[5] La question est de savoir jusqu'où les US sont prêts à aller pour faire pression sur l'Europe. Le développement de la crise bancaire en Allemagne devrait en partie répondre à cette question.

 

Le catholicisme minoritaire ? Un livre de Jean Duchesne

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Mise à jour le Samedi, 12 Novembre 2016 10:15 Écrit par Henri Hude Samedi, 12 Novembre 2016 09:48

 Compte-rendu du livre de Jean Duchesne, Le catholicisme minoritaire ? Un oxymore à la mode, Desclée de Brouwer, 2016, 130 pages, 12 €. Pour la revue sud-américaine Humanitas.

 

Le dernier livre de Jean Duchesne est court, mais riche et semé de notes d’humour. Dix-neuf brèves sections, entre réflexion et méditation. Son contenu : 1° une question : « Le catholicisme peut-il être conçu et se concevoir lui-même comme une ‘minorité’ ? » ; 2° une interrogation sur la situation et l’avenir de la culture mondiale et de l’occidentalisation ; 3° des réflexions sur le libertarisme sexuel et le mariage gay.

Qu’ont en commun ces trois points ? Sa thématique est-elle hétéroclite ? Non. Pas de système déductif, mais une logique rigoureuse. Cette conversation sur des sujets d’actualité va au fond des choses, éclairant la « morphologie de l’histoire universelle » et ce qu'on a pu appeler le couchant de l’Occident[1].

En plusieurs nations, la question du mariage homosexuel concentre une bonne part de la discussion. Elle focalise l’attention des catholiques. L’échec de leur opposition est néanmoins patent. Jean Duchesne réfléchit à ses causes et à un changement de stratégie, en ligne avec la pensée du pape François. 

Pour reprendre l’initiative. J.D. pose une question plus générale. Les catholiques ne se laissent-ils pas enfermer dans l’image d’une minorité – et d’une minorité qui ne respecterait pas la majorité ? Or, J.D. montre que les majorités sont artificielles et fragiles (pp.67-72). De plus, « ce qui empêche de rester dans sa niche (…) c’est d’abord ce que signifie catholique : ce n’est pas pour quelques-uns, c’est pour tout le monde. » (p.85) En outre, le concept de minorité est pour eux inadéquat (pp.77-84), parce qu’un catholique n’a (ou plutôt ne devrait avoir) mentalité ni de marginalisé, ni d’exilé intérieur, ni de particulariste ; pas de complexe d’infériorité, d’impression d’élitisme, de sentiment de culpabilité dans le témoignage, de répression dans sa parole, de double-vie, de dissimulation dans son action publique, etc. (p.85-90).

J.D. s’élève du niveau français ou européen au niveau planétaire, où la culture occidentale postmoderne (amnésique, nihiliste et libertaire) est minoritaire. « … contrairement à la prédiction du sécularisme, les religions n’ont pas du tout l’air de reculer et disparaître au XXIème siècle. » (p.47) L’islam a remplacé le communisme comme idéologie revendicative (pp.13-18). Changeant la problématique, J.D. contextualise une discussion abstraite sur le mariage, trop purement morale et anthropologique. Il en manifeste la fonction politique : impériale et colonialiste (p.50, note).

L’histoire continue (p.16). On observe une réaction mondiale anti-occidentale : traditionnelle, anticolonialiste – et (J.D. n’y insiste pas) anti-ploutocratique. La morale occidentale postmoderne est vue hors d’Occident [et de plus en plus aussi en Occident] non comme un ensemble de vertus, mais de vices (p.50).

J.D. note les nouvelles désillusions du progrès (p.77). Et aussi : « … la légitimation de toutes les pratiques sexuelles est désormais censée être le fer de lance du progrès » (p.74-75) Le prosélytisme colonialiste se concentre en effet sur la dérégulation du sexe. L’objet n’est sans doute pas de faire du bien à une catégorie de personnes ; plutôt d’assurer la domination culturelle des principes de l’Occident postmoderne (liberté arbitraire et volonté de puissance[2]), en excluant tout autre principe : Dieu ou l’Absolu, la « nature », la raison ouverte au « donné ». L’envie et la technocratie alors formatent la pensée[3]. Cela « dispense de penser » (pp.73-78).

Ajoutons que c’est habile d’orienter la passion d’égalité vers d’autres objets que la communauté ou le partage des biens matériels.

L’Eglise, rompant avec cet Occident-là, ne se rallie pas à une réaction antihumaniste. Les droits de l’homme, fragments devenus fous d’une totalité culturelle chrétienne, ont une fonction de médiation entre les blocs culturels (p.39, note). Mais, ils sont « fragilisés si on les isole de ce qui les a inspirés (…) les notions (…) d’un Père créateur, distinct de son œuvre, et du respect dû à tout être humain façonné à son image. » (p.39)

Le dernier quart de l’ouvrage esquisse une belle proposition de remplacement : redécouvrir le donné, donc la raison (p.99), avec la tradition, et le Donateur, enfin l’amour et la prière (pp.109-114). Le donné suscite une liberté concrète, la véritable liberté (p.65).

 




[1] Oswald Spengler, Der Untergang des Abendlandes. Umrisse einer Morphologie der Weltgeschichte (1917), Albatros Verlag, Berlin, 2014.  

[2] Nietzsche, L’Antéchrist, §2.

[3] Was ist gut? — Alles, was das Gefühl der Macht, den Willen zur Macht, die Macht selbst im Menschen erhöht. Was ist schlecht? Alles, was aus der Schwäche stammt. Was ist Glück? Das Gefühl davon, daß die Macht wächst – daß ein Widerstand überwunden wird. (…) Die Schwachen und Mißratenen sollen zugrunde gehen: erster Satz unserer Menschenliebe. Und man soll ihnen noch dazu helfen.“  Ibidem.

   

25 avril 2017. Réflexions sur le résultat du premier tour des présidentielles

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Mise à jour le Mardi, 25 Avril 2017 21:46 Écrit par Henri Hude Mardi, 25 Avril 2017 21:32

 

 

Au-delà des sujets d'insatisfaction, de bonnes raisons d’espérer.

 

Nous allons probablement vers des jours sombres, mais « en même temps » nous avons de plus en plus le droit d’espérer. C’est un paradoxe. Voici les raisons d’espérer.

Je parle ainsi, car je crois dans l’avenir de la France. Ce n’est pas simple sentiment profond, c’est aussi raison. Cette élection, paradoxalement, nous fournit un argument pour y croire.   

Car si nous l’observons bien, nous voyons que cette France d’après-demain, celle qui connaîtra (par hypothèse) une véritable Renaissance, est déjà là, bien que seulement en pièces détachées : c’est triste qu’elle ne soit là qu’en pièces détachées, donc en pièces tout court, mais ce qui est heureux, c’est qu’on puisse exposer toutes ces « pièces détachées ». Il suffit pour cela de dire un mot sur les quatre candidats, pris un par un. Et aussi de noter avant cela que les quatre représentants les plus évidents de la France morte (Hollande, Sarkozy, Juppé, Valls) ont été impitoyablement « dégagés » avant la compétition. Parlons des candidats.

 

Mélenchon d’abord.

Seul de tous les candidats, Mélenchon a une forte culture, un langage classique et une élévation philosophique. En ces temps postmodernes, il a fait revivre – sous une forme malheureusement idéologique - la tradition oubliée de l’humanisme. Pas l’humanisme postmoderne sans foi ni loi, mais le grand humanisme moderne (« Patrie bien-aimée », « l’heure des caractères et de la conscience », etc.). C’est la référence à cette tradition qui lui donne son souffle et son autorité. Ainsi groupe-t-il derrière lui un cinquième et virtuellement un quart des Français. Il y a chez lui une magnifique liberté dans sa façon de reprendre l’ascendant sur de certains roquets qui se croient tout-permis. Bien sûr, il lui manque la rationalité économique. Bien sûr, dans son attachement « aux acquis sociaux les plus élémentaires du pays », il ne fait pas montre d’un sens du progrès, qui lui ferait imaginer une solidarité sociale nouvelle plus en cohérence avec le monde tel qu’il est avec ses enjeux immenses et souvent magnifiques. Dans son rapport au vieux fond catholique de la France, il est partagé entre une certaine sympathie pour le pape prophète et une nette aversion pour les catholiques français, qu’il juge en majorité bourgeois et embourgeoisés, réactionnaires ou banalement « conservateurs libéraux ».

 

Fillon ensuite.

La France renaissante aura, comme Fillon en est un premier signe, une vision économique et une base catholique. Pas l’un sans l’autre, ni inversement – et pas que cela ! Néanmoins, Juppé a été écarté aux primaires, et ne pouvait pas revenir, car, comme François Hollande, il n’avait ni l’un, ni l’autre. Fillon a été détruit par les « affaires », justement parce que le fond catholique faisait essentiellement partie de son image. Mais son caractère eût-il été plus noble et désintéressé, il lui eût encore manqué quelque chose de « franciscain » – sa rationalité économique n’était pas portée par un véritable souffle humaniste, et sa catholicité était trop peu prophétique.  

 

Et Macron ?

La France renaissante aura comme Macron l’idée d’une sorte de centre, de recentrage, de réconciliation au-delà de divisions artificielles, ou d’un renouveau. Chez Macron, nous trouvons ces idées à l’état postiche : au mieux des bonnes intentions, au pire du marketing. Pourtant, il y a réellement là un élément de la renaissance. 

 

Et Marine Le Pen ?

La France renaissante sera, comme le disent et elle et Mélenchon, une nation libre, qui participera à l’édification d’un monde multipolaire, et d’une Europe indépendante, au-delà de l’impérialisme libéral. Ces thèmes leur sont communs, mais Le Pen représente surtout les prolétaires ; Mélenchon représente surtout ceux qui sont en passe de le devenir. Ces thèmes ont leur légitimité, si on sait les combiner avec les réformes fondamentales du pays et une vision humaniste des progrès du monde, si on sait les faire valoir en tenant compte des rapports de forces existants, et si on prend aussi en compte, au-delà de chaque intérêt national, le bien commun du genre humain.

 

La culture des candidats

On nous a dit qu’il y avait dans cette élection deux candidats classiques et deux candidats populistes. Ce qui me frappe davantage, c'est plutôt qu'il y a eu deux candidats à culture postmoderne, Marine Le Pen et Emmanuel Macron, et deux candidats à culture assez différente, Jean-Luc Mélenchon et François Fillon, représentant l’humanisme du passé ou le vieux fond catholique. Malgré leurs entourages respectifs saturés de postmodernes, et malgré certaines incohérences, eux-mêmes faisaient appel à deux traditions, encore vivantes, opprimées par le prêt-à-penser postmoderne.

Bien sûr, il y a dans l’entourage et l’électorat de Marine Le Pen une certaine proportion de réactionnaires et de traditionalistes, et même des catholiques tout court. Mais elle a, en fait, beaucoup plus en commun, spirituellement, avec Macron qu’avec Mélenchon ou Fillon, même si les intérêts et passions des deux finalistes divergent énormément. Pour Macron, « il n’y a pas de culture française ». Ignorance crasse ou expression malheureuse. Pour Marine Le Pen, il y a au contraire des « valeurs et traditions de la civilisation française ». Mais si on regarde comment elle les comprend, la différence avec Macron n’est pas si grande qu’il semble.  Car pour Marine Le Pen, l’adoption de ces valeurs et traditions relève d’abord du patriotisme et de l’esprit de corps, fort peu d’une adhésion au vrai et au bien donnée par l’esprit avec sa raison et sa foi, avec liberté personnelle. Elle réduit la culture française à une « identité nationale », c’est-à-dire à un particularisme, qu’on oppose à un particularisme islamiste et à l’universalisme abstrait du monde mercantile - alors que la culture française, « éclairée » ou catholique, est aussi universelle que substantielle. Ce serait donc une étrange erreur que de voir en elle une défense et illustration de la culture catholique et de la pensée françaises.

C’est vrai que la France possède un style inimitable dans sa façon de s’approprier l’universel, et ce que ce style a de plus particulier, c’est peut-être de se répandre avec tant de facilité, comme notre langue précise, claire et ordonnée, ou comme ce style « gothique », dont le nom a si longtemps été celui de « style français ». En un mot, Mélenchon et Fillon, chacun à leur façon, expriment assez bien la civilisation française. Marine Le Pen et Emmanuel Macron ressemblent davantage à des déracinés.

 

Cela dit, au-delà des mauvais côtés des candidats, au-delà des mauvaises raisons que des Français peuvent avoir eu de voter pour eux, il y avait objectivement de solides raisons de voter pour tel ou tel, car chacun d’eux donne une idée partielle (et parfois caricaturée) d’une possible renaissance nationale.

 

La France et l’humanisme

La France est un pays fondamentalement humaniste. La langue latine est l’incarnation de l’humanisme antique. La langue française surgit comme littérature au cours de la Renaissance, âge humaniste s’il en est. Cette langue se fixe au XVIIème siècle avec Descartes comme une expression idéale d’une nouvelle raison classique, en laquelle se renouvelle l’humanisme antique. Le catholicisme est depuis toujours la religion humaniste, puisque Dieu divinise l’Homme. La trace culturelle est si profonde et ineffaçable, qu’aucune rationalité économique ne peut jamais en France précéder le consensus autour d’une vision universaliste de la justice politique. Aucune rationalité économique, aucun gouvernement technique ne peut s’abstraire de ce trait fondamental de la culture nationale.

 

En faisant le portrait de ces quatre candidats, nous avons recensé les principaux éléments de la France de l’avenir. Comme on peut regretter que cette campagne ait été faussée et que les candidats n’aient pas pu débattre de la France ! Souhaitons, prions pour qu’ils s’améliorent et ne se renferment pas chacun sur sa part de vérité. Car ce qui manque encore à la France, hélas ! c’est l’esprit qui permettrait d’unir ces membres disjoints en un seul corps vivant et cohérent. C’est pourquoi, aussi longtemps que nous feront défaut ces créations culturelles, cette nouvelle synthèse humaniste, les vérités disjointes s’opposeront entre elles comme des extrémismes rivaux, et nous aurons à redouter d’aller vers des jours sombres. Mais les éléments sont là. Et à force de s’opposer, une synthèse finira par en sortir.

Le côté sombre du tableau, pas besoin de s’y attarder ce soir, car nous le connaissons tous.

 
 

La loi naturelle

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Mise à jour le Dimanche, 09 Septembre 2012 20:29 Écrit par Henri Hude Samedi, 08 Septembre 2012 18:04

Qu'est-ce que la nature ? Qu'est-ce que la "loi naturelle" ?


 

On va beaucoup parler cet automne de nature et de liberté, de naturel ou de contre-nature, de morale naturelle ou de transgression, etc. 

On s'est déjà mis à parler, ou à reparler, de "morale laïque". 

Les questions dont dépendent tous ces débats sont les suivantes : existe-t-il une loi naturelle ? Comment peut-on être sûr qu'il en existe une ? Si nous pouvons en être sûrs, rationnellement, quel en est en gros le contenu ? Pouvons-nous être certains de ce contenu ? Si oui, de quoi, pourquoi et comment ? Et que faut-il entendre profondément par "loi naturelle" ? Est-ce la même chose que la loi morale ? Comment retrouver la certitude rationnelle de l'existence et du contenu de cette loi morale objective ? En comprenant, précisément, ce que veut dire "loi naturelle" ? Et quel rapport avec la loi civile fondamentale ? Et avec Dieu ? 

Sans cette loi, un individu vit sans règle, un décideur n'a plus de boussole et un législateur fait n'importe quoi.

Je voudrais permettre aux lecteurs et à leurs familles de se réapproprier cette notion. Plus que cette notion, il faut nous réapproprier cette loi. Il faut la retrouver avec une sorte d'évidence. 

Pour y aider, voici deux textes classiques et plus modestement une interview récente sur le sujet.

 

 

 

Aristote et la « loi naturelle »

 

Dans le 1er Livre de sa Rhétorique, Aristote écrit, au chapitre XIII (et, plus loin, au chapitre XV) :

«  (…) la définition du juste et de l'injuste se rapporte à deux sortes de lois (…).

« Je veux parler de la loi particulière et de la loi commune.

« La loi particulière est celle que chaque collection d'hommes détermine par rapport à ses membres, et ces sortes de lois se divisent en loi non écrite et en loi écrite.

« La loi commune est celle qui existe conformément à la nature. En effet, il y a un juste et un injuste, communs de par la nature, que tout le monde reconnaît par une espèce de divination, lors même qu'il n'y a aucune communication, ni convention mutuelle. C'est ainsi que l'on voit l'Antigone de Sophocle (deuxième épisode) déclarer qu'il est juste d'ensevelir Polynice, dont l'inhumation a été interdite, alléguant que cette inhumation est juste, comme étant conforme à la nature. Ce devoir ne date pas d'aujourd'hui ni d'hier, mais il est en vigueur de toute éternité, et personne ne sait d'où il vient’.

« Pareillement Empédocle : « (…) mais cette loi générale s'étend par tout le vaste éther et aussi par la terre immense. »

 

 

Voici maintenant le texte de l’Antigone de Sophocle.

 

Le Roi demande à Antigone comment elle a osé désobéir aux règles que lui avait édictées. Et Antigone répond ceci :

 

« C'est que Zeus ne les a point faites, ni la Justice qui siège auprès des Dieux souterrains.

« Et je n'ai pas cru que tes édits pussent l'emporter sur les lois non écrites et immuables des Dieux, puisque tu n'es qu'un mortel.

« Ce n'est point d'aujourd'hui, ni d'hier, qu'elles sont immuables ; mais elles sont éternellement puissantes, et nul ne sait depuis combien de temps elles sont nées.

« Je n'ai pas dû, par crainte des ordres d'un seul homme, mériter d'être châtiée par les Dieux.

« Je savais que je dois mourir un jour, comment ne pas le savoir ? Même sans ta volonté (…). Certes, la destinée qui m'attend ne m'afflige en rien.

« Si j'avais laissé non enseveli le cadavre de l'enfant de ma mère, cela m'eût affligée ; mais ce que j'ai fait ne m'afflige pas. Et si je te semble avoir agi follement, peut-être suis-je accusée de folie par un insensé ! »

 

 

 A ces deux géants, qu'on me permette de donner mon modeste commentaire

 

Voici donc une interview récente sur la loi naturelle. http://vimeo.com/48824046

Le thème de la loi naturelle est traité dans Préparer l’avenir. Nouvelle philosophie du décideur.

 

                         

                                         Editions Economica, 2012, 140 pages.

 

 

 

   

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