La réforme de l'hôpital public. Réformer l'Administration (2)

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J'ai participé les 2 et 3 décembre 2013 à Rabat à des tables-rondes franco-marocaines sur le thème d'ensemble de "la gouvernance des réformes structurelles". On m'avait confié la rédaction d'un rapport réfléchi. C'est celui que je publie sur ce blog.

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Le Dr. G. C., dans un exposé aussi précis que nuancé, présente l’hôpital comme « la caricature du processus de réforme ». Des vagues de réformes se succèdent, tendant à chaque fois et à chaque fois sans succès de brider la dérive des dépenses, par une multiplication de réglementations à la fois soviétiformes et américanisées.

 

L’accroissement inévitable des dépenses  de santé, dû à l’accroissement de la longévité, ne pourrait être toléré que dans un système économique mondial ne bloquant pas notre croissance et ne tendant pas au nivellement des solidarités nationales. A défaut de remettre en question les règles du jeu, nous nous voyons forcés de vivre à crédit, et  d’imposer en même temps la férocité d’une logique utilitariste et objectivante, à un domaine qui, par définition, relève de la juste générosité et du refus de s’en tenir à la réduction immorale de la personne à un objet.

 

 

Après avoir noté la modernisation réelle des matériels et des bâtiments, mais après avoir souligné aussi l’incontestable régression du contact humain avec les patients, de la précision du dossier et du suivi médicaux, sous l’effet de la rationalisation des coûts via l’emploi intensif de l’informatique, la discussion se concentre longuement et avec précision sur la question de l’évaluation. Elle donne lieu à des interventions très éclairantes, par exemple de la part de Mr M. D. K. (ministère des affaires étrangères et de la coopération, MAEC), soulignant qu’aucune évaluation ne peut avoir de valeur sans « personnes intelligentes » (et non en vertu de procédures absurdement mécaniques). Là encore, il est à craindre que, au milieu des inévitables contradictions entre les indicateurs objectifs, et compte tenu de la subjectivité présidant à leur priorisation, la seule fonction effective de l’évaluation soit de justifier les décisions et le pouvoir de l’évaluateur.

 

Heureusement, ce qui empêchera toujours cet univers hospitalier de sombrer totalement dans le désespoir kafkaïen, c’est la noblesse émouvante et l’inéliminable bonté du rapport humain entre soignant et patient.

 

 

Cet exposé savant et lucide nous donne une fois de plus à méditer le paradoxe de la France, qui compte tant de personnalités remarquables, à tous les niveaux intermédiaires et supérieurs, mais qui ne parvient pas à les mettre à sa tête. De là, sans doute, le déficit de légitimité d’une mince couche dominante – légitimité et confiance qui sont pourtant, nous l’avons reconnu auparavant,  des facteurs décisifs du succès de la réforme. 

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